Assemblée générale interprofessionnelle: “il faut mobiliser le privé“

Assemblée générale interprofessionnelle, Aulnay sous bois, Bourse du travail, le 18 décembre 2019. © Elodie Lacombe

L’assemblée générale interprofessionnelle s’est tenue mercredi 18 décembre à Aulnay-sous-bois pour préparer la suite de la mobilisation contre la réforme des retraites. Le mot d’ordre: “mobiliser le secteur privé”.

Dans la grande salle de la Bourse du travail se tient l’assemblée générale interprofessionnelle. Autour des tables disposées en U, les troupes sont minces mais la détermination est palpable. Un quinquagénaire s’affaire sur son ordinateur portable, on relit ses notes, on se salue d’un regard.

Laurent, secrétaire général de l’UL-CGT, s’assied et ouvre la séance. Il se hasarde à un court point d’actualité sur les mobilisations: la directive du SNUIPP est de “maintenir la pression”, tonne Yamina, professeure des écoles. Florian, de la CGT, annonce qu’à la RATP, “beaucoup ont mis de côté pour faire grève depuis septembre”, et ajoute que “des réveillons sur place sont prévus”. Il insiste sur la mobilisation du privé, arguant d’un effet de groupe à créer. Il enchaîne: “Bloquer le public c’est une chose, maintenant faut aller voir le privé” puis pointe malgré tout “les dégâts” que feraient une simple journée de débrayage chez Carrefour. Pascal, CGT à SOPROREAL, tempère également : “les caissières ne peuvent pas bouger !” et plaide les blocages de raffineries, faire bouger “les gros bastions du public”.

“J’en ai marre que l’on ne planifie aucune action”

Le sujet de la mobilisation des universités fait alors irruption dans les échanges. Zakia, professeure d’espagnol CGT Educ’Action, trentenaire, polémique avec Mickaël, qui résume: “il faut aller vers le privé“. Même son de cloche du côté de Sud Rail du RER B : Farid est favorable à l’appel à la mobilisation massive pour “imposer la grève“.

A ces mots, Patrice quinqua gilet jaune explose derrière son ordinateur: “J’en ai marre que l’on ne planifie aucune action“ et exige de remplir son tableau de bord avec “une action tous les jours !“ Enfin, on passe au constat unanime de l’attentisme des centrales et des confédérations qui attendent que la base appelle à la reconduction de la grève, puis on refait le lien avec le privé: “on peut aller les voir dans les HIS [Heures d’Information Syndicale, ndlr], invités par les délégués, leur parler, les encourager“, martèle à nouveau Florian.

Thierry Moutou

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