Les étudiants de l’ÉMI-CFD toujours sur le pont malgré les grèves de décembre

Paris, le 20 décembre 2019. Dernière et studieuse conférence de presse du Médialibre. © Audrey Delaporte

“J’aurai besoin d’un photo-journaliste pour m’accompagner à la manif, je précise que j’ai une voiture !” lance Thierry pendant la conférence de rédaction quotidienne de l’Ecole des métiers de l’information. Du 16 au 20 décembre, l’ÉMI-CFD s’est transformé en journal d’école pour le Médialibre, qui permet à chacun de se familiariser avec le métier pour lequel il se forme presqu’en conditions réelles. Il a néanmoins fallu composer avec un élément de taille: la grève ! Les élèves se sont mobilisés pour que cet exercice se déroule dans des conditions presque normales.

D’abord, on déménage

Amine, journaliste, habite Rouen, et doit momentanément déménager. “Un collègue de l’ÉMI m’a proposé son appartement pour la semaine”.  Ainsi, Amine a pu assurer le poste de rédacteur en chef en toute sérénité “car on sait quand la journée commence mais pas vraiment quand elle se termine !”

Ensuite, on prend son mal en patience

Outre les trajets irréalisables, il y a ceux qui peuvent s’organiser en s’armant de patience. Cassandra, secrétaire de rédaction, habite Drancy. “Au début de la grève, je faisais du télétravail, et pour le Médialibre, j’ai pris les transports en mettant au moins  deux heures et demie, mais ça valait le coup !” Audrey, photo-journaliste, s’est blessée au pied début décembre. Elle s’est déplacée tous les jours en bus et en vélib’,  avec des béquilles et à son rythme. “Il y a des jours où j’ai marché plus d’une heure, sans pouvoir arriver à l’heure à la conférence, mais j’ai préféré venir pour vivre l’exercice”.

  • Cassandra, étudiante secrétaire de rédaction à l'ÉMI-CFD, lors du Media Libre, le journal de l'école, le 20 décembre 2020. © Léonor Lumineau

 

Enfin, on fait marcher les réseaux

Le live opéré via Facebook a été déterminant pour le bon fonctionnement du média libre, permettant à tous d’être connectés pour la conférence matinale, moment incontournable d’une rédaction. Damien, journaliste, a opté pour le live. “Au-delà des problèmes de transports, il y a les grèves de l’Éducation nationale et de la crèche de ma fille, alors je m’installais à mon bureau dès 9h, en attendant le live, et je préparais des sujets accessibles sur le plan géographique, ou réalisables à distance”, nous confie t-il.

Le compteur des kilomètres accomplis à pied par les étudiants a explosé cette semaine. À part les lignes de métro automatiques, ou un vélib devenu rare, les solutions étaient pauvres. Tiphaine, journaliste, devait réaliser une interview à République. Laurent, secrétaire de rédaction, lui a proposé son vélo, qu’il a récupéré plus tard avec une roue crevée par une personne malveillante.  “J’étais à la fois pleine de gratitude pour Laurent, et en même temps tellement gênée de la situation”, se souvient-elle.

En plus des enseignements journalistiques indispensables appris cette semaine, le Médialibre a enseigné l’agilité, l’adaptabilité et la solidarité !

 

Rachida Zafaty

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