Des salariés précaires de l’Éducation nationale se mettent en grève

Le théâtre de L'échangeur (Bagnolet) accueille régulièrement des événements engagés. © Paul Lemaire

Jeudi 19 décembre en fin de journée, des membres du collectif Vie Scolaire En Colère se sont réunis au théâtre L’échangeur, à Bagnolet. Autour d’un apéro solidaire ouvert à tous, l’objectif était de soutenir la caisse de grève mise en place quatre jours plus tôt. L’occasion, pour les militants grévistes présents sur place, de raconter leur malaise au travail au sein de l’Éducation nationale.

Un quart des salariés de l’Éducation nationale sont en contrats précaires”, affirme Jérôme, assistant d’éducation en collège depuis un an. Depuis le 5 décembre 2019, les assistants d’éducation (AED), assistants pédagogique (AP), accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et assistants de vie scolaire (AVS) en collèges et lycées sont en grève. Ils ne sont pas fonctionnaires, et leurs contrats relèvent du droit privé. Ils alternent les mi-temps et les périodes de chômage, et sont directement concernés par le nouveau système de calcul des droits à la retraite.

Pour autant, la réforme des retraites semble n’être qu’un élément déclencheur dans la création du collectif Vie Scolaire en Colère pour ces salariés précaires. “La colère sur les conditions de travail est là depuis longtemps”, confie Morgane, 25 ans, AED en collège depuis plusieurs années. Ces petits contrats, prisés par les étudiants et dont la durée hebdomadaire varie de 20h à 41h par semaine, sont rémunérés au SMIC. Ils sont obligatoirement à durée déterminée (CDD), renouvelables ou non à la fin de l’année. “On est tributaires de la volonté du chef d’établissement de nous prolonger. Cela favorise une forme de clientélisme entre lui et les AED”, glisse Raphaël. Au terme d’une durée maximale de six ans, fixée par la loi, « tu es remercié, sans qu’on te propose de formation ni de réorientation » affirme-t-il. Beaucoup, pourtant, désirent poursuivre dans l’enseignement ou la recherche. Raphaël est diplômé d’un Master en sociologie. Il avait démarré une thèse non-financée en travaillant à côté, mais a dû abandonner.  Aujourd’hui, il souhaiterait devenir professeur d’histoire-géographie.

Par ailleurs, les membres du collectif dénoncent le manque de considération dont fait preuve l’institution. Confrontés à des élèves en difficulté ou en situation de handicap – pas toujours diagnostiquée -, ils n’ont aucune formation. “Un BAC suffit ”, précise Raphaël.  Une situation suffisamment difficile pour que certains démissionnent. “Une collègue me racontait qu’à la rentrée de septembre, ils étaient neuf nouveaux salariés au sein d’un établissement scolaire, rapporte Morgane. Personne n’avait d’expérience, ils ont été mis sur le terrain sans aucune formation. Ça montre à quel point l’Éducation nationale sous-estime notre travail.

Lilas Pepy

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