Témoignage de primogréviste: Camille, 22 ans, animatrice scolaire

Camille, animatrice en milieu éducatif, participait à sa première grève cette année, contre la réforme des retraites. Paris, le 17 décembre 2019. © Philémon Barbier

La réforme des retraites est l’occasion pour beaucoup de participer pour la première fois aux manifestations qui bouleversent la France entière. Camille, rencontrée ce mardi 17 décembre, explique l’éveil de sa protestation démocratique.

La force des gens et leur colère, face à un gouvernement qui essaie de nous écraser toujours plus, m’a convaincue de participer à la mobilisation. Je suis animatrice depuis mes 18 ans. J’ai travaillé pendant longtemps à temps partiel, et aujourd’hui je suis à temps plein. Dans l’école où j’exerce actuellement, beaucoup de profs sont en cessation de travail, mais peu d’animateurs et d’animatrices le sont. C’est ma première grève déclarée.

“Ça ressemble de moins en moins à une démocratie”

Aujourd’hui, je crois que le meilleur moyen de montrer que je ne suis pas d’accord, c’est d’être ici, et de manifester. Le gouvernement recommence comme avec la loi El Khomri en 2016, il essaie de passer en force et de nous écraser. Je me dis que tout ça ressemble de moins en moins à une démocratie, et je refuse de laisser passer ça.

Beaucoup de gens nous soutiennent mais n’ont pas la force, le courage, le temps ou les moyens de se mettre en grève. J’ai la possibilité de le faire, alors je le fais. Se mettre en grève, a un coût pour tout le monde, moi y compris. Mais dans tous les cas, le travail est difficile, et si on laisse faire ce sera toujours plus difficile. C’est justement leur but, que ce soit difficile pour nous, et que par conséquent, on n’ose pas, on n’ose plus s’opposer, à force de s’épuiser. Moi je ne veux pas me laisser faire, je ne veux pas que ça puisse arriver.

 

Juliette Rousseau

 

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