Un gréviste qui se bat pour sa retraite quoi qu’il lui en coûte

90 % des salariés de la RATP sont touchés par la réforme, soit 41 000 personnes. © Paul Lemaire

13 jours après le début de la mobilisation contre la réforme des retraites, Sébastien, conducteur de bus à la RATP, poursuit la grève. Et ce, malgré les difficultés financières.

“Je me bats pour moi, et surtout pour mes enfants, pour nos retraites.” Même cernés, ses yeux bleus pétillent de détermination. “Je ne dors pas la nuit, au mieux je fais des siestes, mais je ne lâcherai pas.” Depuis le 5 décembre, Sébastien, chauffeur de bus à la RATP, bientôt vingt ans de maison, est en grève. Adhérent à la CGT, il se mobilise tous les matins au dépôt de Pavillons-Sous-Bois, dans le 93, contre la réforme des retraites. “Si elle passe, ma retraite sera rétrécie, calculée non plus sur mes six derniers mois, mais sur mes vingt-cinq dernières années.” Ce père de quatre enfants fait vivre sa famille nombreuse grâce à son seul salaire, qui oscille entre 2 000 et 2 500 euros primes incluses.

Son engagement date de 2005, lorsque Sébastien a fait l’objet d’une procédure de licenciement, “infondée”, selon lui. Démuni, il ne sait alors pas comment la contester, et trouve conseil auprès des syndicats. “La CGT m’a particulièrement épaulé et permis de couper court à la procédure engagée.” Ces circonstances ont donné naissance à son engagement. Cédric, le secrétaire de sa section syndicale au dépôt de bus de Pavillons-Sous-Bois, salue aujourd’hui sa solidité dans la lutte”.

“La seule façon de sortir de cette grève, c’est le retrait de cette réforme, j’irai jusqu’au bout.” Sébastien, chauffeur de bus RATP

Depuis treize jours, un rituel s’est installé. Sébastien rejoint les autres grévistes dès quatre heures du matin, juste avant le départ des premiers bus, quinze minutes plus tard. “On n’empêche pas les machinistes non grévistes de travailler, on marche juste de long en large sur le passage piéton devant la sortie du dépôt”, ironise-t-il, sourire aux lèvres. “J’étais plus agité lors de ma première grosse grève, en 2007, je jetais des œufs sur les collègues, depuis j’ai appris.” Son discours reste cependant résolu : “La seule façon de sortir de cette grève, c’est le retrait de cette réforme, j’irai jusqu’au bout.” Son action n’a pas échappé aux forces de l’ordre. Vendredi dernier, les policiers l’auraient averti : “On t’a dans le collimateur !”

Mais la grève a un prix. Pour lui, chaque jour non travaillé représente 90 euros nets en moins sur sa fiche de paye. “Je suis déjà dans le rouge à la banque, je ne consulte même plus mon compte”, confie-t-il.

Céline Guillaume

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