Manifestations: blocage symbolique du périphérique

Paris, 17 décembre 2019. Des militants bloquent le périphérique, près du Pré-Saint-Gervais, en soutien à l'action des grévistes. © Audrey Delaporte

Une cinquantaine de militants ont bloqué une quinzaine de minutes le périphérique près du Pré-Saint-Gervais, mardi 17 décembre au petit matin, perturbant temporairement la circulation. Une façon de s’associer symboliquement au mouvement national.

Il est 7 h 45. Il fait encore nuit. Sur les voies du périphérique, la circulation est déjà dense. Au pied d’un amas de gravats, palettes et autres encombrants dressés en travers de la route, un homme brandit un fumigène éblouissant. Face à un mur de voitures à l’arrêt, des militants tendent une banderole : “Jupiter, on t’y renvoie, ici planète Terre.” Tous scandent à haute voix : “Macron démission !”

Paris, 17 décembre 2019. Fumigènes, gravats, palettes, des militants bloquent le périphérique près du Pré-Saint-Gervais. © Audrey Delaporte

Ils se sont donné rendez-vous une demi-heure plus tôt en divers points de la ville. Matthieu* était le premier sur place. Il est de ceux qui ont organisé en petit comité cette action restée secrète. Les militants, appelés en nombre pour la mener à bien, ont été informés par le réseau, par mail, bouche à oreille et lors de réunions ces derniers jours. Ils n’en savent pas grand chose si ce n’est qu’il s’agit d’une action “importante”, “illégale” mais “bien organisée”, de sorte à ce que “les forces de l’ordre ne puissent intervenir avant que les participants n’aient pu quitter les lieux.”

Ce n’est que lorsque Matthieu fait son premier débrief que les militants savent à quoi s’en tenir : “Nous allons bloquer le périphérique. J’espère que nous serons assez nombreux. Nous allons converger par petits groupes dispersés et discrets, jusqu’à nous réunir. Selon les effectifs, nous déciderons si l’action aura lieu.”

À l’arrêt du tramway déjà bien fréquenté, ils se fondent aisément dans le paysage. Murielle, tout sourire, propose ses chouquettes. L’hôpital Robert Debré, massif, se dresse à cinquante mètres de là. Sans mot d’ordre particulier, calmement, les militants se dirigent vers les pelouses qui bordent le périphérique. Tout le nécessaire pour encombrer les voies se trouve déjà là.

“Nous souhaitons contribuer aux blocages de sorte que les efforts ne reviennent pas qu’aux grévistes de la RATP et de la SNCF” Michel, habitant du quartier

“Nous sommes juste des habitants du quartier”, évoque une jeune femme parmi eux. Ils se présentent comme Parisiens du XXe arrondissement décidés à se mobiliser pour mener des actions en soutien au mouvement social national. “Nous souhaitons contribuer aux blocages de sorte que les efforts ne reviennent pas qu’aux grévistes de la RATP et de la SNCF”, dit Michel*, la cinquantaine.

L’action menée est brève. Passées quelques minutes, l’un d’eux s’écrit : “Il ne faut pas être trop gourmands, on décroche.” Rapidement, tous se dispersent. “Ce type d’action est symbolique”, confie Michel. Quinze minutes plus tard, une première file d’automobilistes bloqués peut repartir.

*Les prénoms ont été modifiés.

Thibault d’Argent

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