L’épicerie Nous Anti-Gaspi s’adapte à la pénurie de produits frais

Le magasin de la rue du Pré-Saint-Gervais est le premier implanté à Paris. Cinq autres boutiques existent en Bretagne.
Le magasin de la rue du Pré-Saint-Gervais est le premier implanté à Paris. Cinq autres boutiques existent en Bretagne. ©Marion Esquerré

L’enseigne engagée contre le gaspillage alimentaire, à Paris XIXe, fait fi des difficultés d’approvisionnement liées à la grève. Si les produits laitiers se font plus rares, les clients profitent des offres disponibles dans les autres rayons.

"Nous Anti-Gaspi" est un réseau d'épiceries qui s'approvisionnent grâce aux invendus, aux produits dont la date de péremption est proche et aux fins de séries, auprès de la grande distribution, de leurs fournisseurs et de petits producteurs. ©Marion Esquerré
“Nous Anti-Gaspi” est un réseau d’épiceries qui lutte contre le gaspillage à tous les niveaux d’approvisionnement. © Marion Esquerré

À l’épicerie Nous anti-gaspi, rue du Pré-Saint-Gervais, à Paris XIXe, les yaourts et le gruyère râpé manquent à l’appel depuis cinq jours. Un rideau recouvre une partie du rayon frais. Pourtant, cette pénurie n’entame pas le moral des employés, ni la satisfaction des clients. Kristy Mingiedi, le manager du magasin, envisage la situation avec philosophie : son équipe et sa clientèle se sont bien adaptés aux perturbations liées à la grève générale lancée le 5 décembre 2019.

Le première enseigne en Île-de-France du réseau Nous anti-gaspi a été lancée sur les chapeaux de roues le 6 novembre dernier. L’épicerie s’est donné pour mission de lutter contre le gaspillage. Elle rachète des produits destinés à être jetés par la grande distribution à cause d’une date de péremption proche ou d’un packaging non commercialisable car abîmé ou obsolète. Des petits producteurs cèdent quant à eux leur invendus, souvent des fruits et légumes.

Les livraisons sont quotidiennes et les effets de la grève se sont fait sentir à partir du 10 décembre. “Les perturbations dans les transports affectent les arrivages de tous les produits frais, mais nos clients s’adaptent et font leurs courses en fonction de l’offre, confie le manager. Et un rayon vide, c’est aussi moins de produits jetés.”

Pour Kristy Mingiedi, le manager du magasin, la situation n’est pas inquiétante car la fréquentation ne faiblit pas. © Marion Esquerré

Amélie vient faire ses courses dans le magasin une à deux fois par semaine. “Je ne cherche rien de particulier, je trouve même qu’il y a plus de choix en ce moment.” Colette fait le même constat. “Je viens surtout pour la viande et le beurre, qui sont moins chers ici, et j’achète ce qui me manque en grande surface. Certes, il faut faire attention aux dates de péremption, mais le choix reste varié.”

Pour éviter que les livreurs ne se retrouvent dans les bouchons et fluidifier la manutention, l’enseigne a décalé l’ouverture à 10 heures au lieu de 9 heures. Kristy Mingiedi n’est pas inquiet, même si le mouvement doit se poursuivre. “La grève nous a fait perdre 15 % de chiffre d’affaires, mais ça ne nous a pas tué.” 

Rachida Zafaty

 

 

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