Direction de Radio France: Sibyle Veil campe sur ses positions face aux grévistes

Assemblée générale des grévistes à Radio France, le 16 décembre 2019. © Natalya Saprunova
Les salariés de Radio France votent la reconduction de la grève lors de l'assemblée générale le 16 décembre 2019. © Natalya Saprunova

Le personnel de Radio France est en grève depuis le 25 novembre dernier pour s’opposer aux 299 suppressions de postes prévues. Lundi 16 décembre, la PDG, Sibyle Veil, s’est exprimée lors de réunions avec chaque radio du groupe. Elle a systématiquement confirmé sa volonté de poursuivre cette restructuration malgré une mobilisation croissante des salariés.

“On ne va pas le faire de manière autoritaire, on a trois ans pour ça”. Sibyle Veil, la présidente-directrice générale de Radio France, s’adresse à la cinquantaine de salariés de France Musique présents ce lundi 16 décembre au studio M. Le plan de restrictions budgétaires qu’elle défend prévoit 20 millions d’euros d’économie et 299 suppressions de postes au sein du groupe public. “On accompagne les gens qui seront volontaires !” assure Sibyle Veil aux côtés de Marc Voinchet, le directeur de la chaîne.

C’est le vingt-deuxième jour de grève du personnel et c’est la première fois que la direction communique avec les salariés. Il faut dire que les producteurs ont rejoint le mouvement, et lancé un préavis de grève pour le 19 décembre. La journée est donc mise à profit par la PDG pour faire de la “pédagogie”.

“Vous êtes méprisante !”

Le sourcil droit impeccablement froncé et l’air pénétré, Sibyle Veil, énarque issue de la même promotion qu’Emmanuel Macron, tente de rassurer l’auditoire à coups d’éléments de langage. Tout est parfait ? Pas vraiment. “Vous avez trouvé la solution pour que la radio soit plus belle avec moins de gens, raille une réalisatrice sous les applaudissements. Vous êtes méprisante. Nous faisons une grève, ce n’est pas une posture !”  À France Musique, la langue est aussi soutenue que la colère : “Les gens de la radio sont sonores !” ironise-t-on dans les premiers rangs.

Les grévistes de Radio France en lutte contre le plan de restrictions budgétaires © Natalya Saprunova

Augmentation du nombre d’auditeurs (+ 1,2 point en un an), adaptation aux nouvelles générations, niveau d’exigence toujours plus élevé, amplification de la mutation numérique : les mêmes mots, le même déroulé, le même ton depuis le matin. On le lui fait remarquer. Sibyle Veil glisse et esquive : “Cela prouve au moins que je n’ai pas de double langage.” En face, on met en avant le savoir-faire et les conséquences de ce plan économique sur la vie culturelle française. En vain. Les parallèles ne se rencontrent jamais.

Brigitte Jamois

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