Rechercher
Fermer ce champ de recherche.

Fin de la grève surprise à Eurotunnel : l’espoir de départ des voyageurs de la gare du Nord

Gare du Nord (Paris), des passagers entrent en zone Eurostar

Jeudi 21 décembre, une grève surprise des salariés d’Eurotunnel a provoqué la fermeture du tunnel sous la Manche tout l’après-midi et l’annulation de nombreux Eurostar. La reprise du trafic en fin de journée n’a pas empêché des voyageurs de se retrouver sans solution de départ, à trois jours des fêtes. Réactions.

« Madame, c’est où pour l’Eurostar ? », demande une jeune femme essoufflée à un agent SNCF de la gare du Nord. Ce matin 22 décembre, au lendemain de la grève surprise éclair des salariés d’Eurotunnel et la fermeture du tunnel sous la Manche, les voyageurs sont nombreux dans le hall et aux abords des quais. Les passagers du jour se mêlent à ceux des trains annulés de la veille. Les uns comme les autres attendent de savoir à quelle heure ils pourront quitter Paris.

Face à cet afflux imprévu de voyageurs laissés sur le carreau, la compagnie Eurostar, détenue par une filiale de la SNCF, a annoncé le déploiement de six trains supplémentaires de vendredi 22 décembre à dimanche 24 décembre. Une réponse que de nombreux passagers interrogés jugent inadaptée. « J’essaie de voir pour échanger mon billet, car la seule place que j’ai trouvée, c’est ce soir », explique un Irlandais qui devait se rendre à Dublin hier. À côté de lui, une dame, lunettes noires et cheveux blancs, arrivée tôt le matin de Vierzon sait qu’elle devra encore attendre un bon moment avant d’atteindre sa destination finale, le sud du Pays de Galles : « Je dois rester ici et attendre que l’on me dise d’embarquer. »

« Être sûr de pouvoir partir »

Certains passagers étaient déjà à la gare quand ils ont appris que leur train était annulé. C’est le cas d’une Strasbourgeoise : « Heureusement, j’ai pu passer la nuit chez une amie qui habite à Massy, mais je suis chargée, c’était compliqué tous ces trajets ! »

Un peu plus loin, un voyageur en sweat jaune et capuche sur la tête, une valise dans chaque main, est arrivé à 5 heures du matin : « Je voulais être sûr de pouvoir partir. » Si des voyageurs ont pu échanger leur billet sans frais, d’autres après avoir été remboursés ont dû en acheter un nouveau et mettre encore la main au porte-monnaie : « Mon billet aller est plus cher que l’aller-retour que j’avais réservé initialement », soupire un Londonien .

Une voyageuse patiente contre le mur avec sa mère. Sans leur accord, la grève aura prolongé d’une soirée leur escapade parisienne. Coût supplémentaire : 500 euros. « La chambre d’hôtel était à 100 € et, ne sachant pas quand les trains repartiraient, j’ai aussi réservé des billets d’avion à 400 euros. » Et elle ne sait pas si elle pourra se faire rembourser.

Texte : Emmanuelle Milon – Photos : Alicia Salvador