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Box solidaires : le Secours populaire des Lilas joue les pères Noël

Une femme tient dans les mains un cadeau.

Pour la quatrième année consécutive, des familles du Secours populaire des Lilas ont reçu un don bienvenu : une box de Noël. Une initiative plébiscitée par les bénéficiaires, toujours plus nombreux, alors que la collecte est de plus en plus difficile.

Ce mardi 19 décembre est une journée spéciale à l’antenne lilasienne de l’association caritative Secours populaire. Après un passage à l’épicerie sociale, des familles peuvent venir retirer des cadeaux de Noël… dont une « box » surprise. Confectionnés par des particuliers, les paquets sont emballés comme des cadeaux traditionnels. Leur contenu est aussi utile que récréatif : un vêtement chaud, un livre, des douceurs à manger et même une carte avec un mot amical. La box peut être préparée pour un adulte ou un enfant, une femme ou un homme.

Cette année, le Secours populaire n’a reçu que 100 box alors qu’il a pu en distribuer jusqu’à 500 certaines années © Alicia Salvador Ivorra

En cette fin d’année, une centaine de box sont prêtes à être distribuées. Peut-être en raison de l’inflation, la collecte a eu moins de succès cette année. En parallèle, le nombre de familles bénéficiaires est passé de 150 en 2022 à 214 cette année. « Depuis le Covid, c’est une catastrophe. Des gens qu’on ne voyait plus reviennent », s’inquiète Monique Jean, responsable du Secours populaire aux Lilas. En conséquence, il n’y a plus assez de boîtes pour tout le monde. Les familles sont prévenues par SMS, les premières à se présenter sont les premières à en bénéficier. Une seule boîte est accordée par foyer.

Un supplément d’âme

Du côté des bénéficiaires, l’engouement est intact. « Ils sont gentils avec nous, on est contents », sourit Hawa, 25 ans. Safiatou, sa voisine à l’hôtel social, ne cache pas sa joie lorsqu’elle se rend compte qu’une box lui est destinée. « Quand les mamans reçoivent un cadeau pour elles, c’est très touchant », explique Monique Jean. Car la priorité va habituellement aux enfants. Arrivé d’Algérie il y a moins d’un an, Locif, père de deux filles et d’un garçon, trouve l’initiative « formidable ». Pour lui qui découvre la tradition de Noël, « c’est une bonne surprise ». Certains réservent le paquet pour les fêtes quand d’autres s’autorisent à en profiter d’emblée. Farouk, ancien bagagiste à Roissy et aujourd’hui invalide, pense que sa femme ouvrira sa boîte dès ce soir.

Safiatou (à gauche) habite à l’hôtel social. À droite, Locif, Algérien d’origine, découvre la tradition de Noël. © Alicia Salvador Ivorra

Selon le barème du Secours populaire, ces familles précaires ne vivent pas avec plus de sept euros par jour et par personne pour se nourrir et se vêtir. Difficile dans ces conditions « de se faire plaisir », comme l’explique Karen Fingerhut, l’habitante à initiative du projet. Par rapport aux dons classiques, les box offrent un « superflu utile » et, plus encore, un supplément d’âme. Une riveraine venue déposer deux paquets pour « des jeunes femmes » résume : « Avec les box, comme tout le monde, on a un cadeau au pied du sapin, avec la surprise de découvrir ce qu’il y a dedans. C’est la magie de Noël. »

Aux origines  de cet élan de solidarité

La première collecte de boîtes à chaussures garnies de cadeaux remonte à l’hiver 2013, à Calais. L’artiste Lynda Krawczyk était révoltée de voir la misère prospérer. La première opération se limite à un appel à ses amis sur Facebook. Une dizaine de boîtes seront distribuées. Puis, de Noël en Noël, le message circule. L’opération solidaire a fait des émules et s’est répandue sur les réseaux sociaux fin 2020. Des collectes sont désormais organisées dans toute la France à quelques jours de Noël.

Texte : Julien Bramy – Photos : Alicia Salvador Ivorra