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Haïti / Media alternatifs /

La frontière haïtiano-dominicaine zone de non droit et de transite de marchandes
17 décembre 2008 par Marie

L’avant première du documentaire Pasaj a eu lieu ce lundi 15 décembre à la Fokal [1], suivi d’un débat portant sur les conditions de vie des marchandes à la frontière entre Haïti et la République Dominicaine.

Ce documentaire présente les conditions de vie principalement d’Anise Jean-Pierre et Rosette Santana, figures représentatives des femmes qui travaillent sur les marchés frontaliers. « Les femmes représentent 70% des personnes qui participent aux échanges commerciaux binationales », informe Colette Lespinasse, coordonnatrice du Groupe de Rapatriés et Réfugiés (GARR).

Ces marchandes achètent en gros ou en détail des biens qu’elles vont revendre en Haïti afin de subvenir aux besoins de leur famille dont elles ont le plus souvent à elles seules la charge.

Ce sont également elles qui effectuent la circulation des richesses afin de permettre au pays de fonctionner.

La frontière qui sépare Haïti de la République Dominicaine s’étend sur environ 380 kilomètres de long. C’est un espace important d’échanges essentiellement commerciaux entre ces deux pays qui partagent la même île. Aujourd’hui, des échanges binationaux s’effectuent sur 8 points de la frontière et ce au minimum 2 fois par semaine.

En République Dominicaine il existe des marchés établis à chaque point frontalier tandis qu’en Haïti, étant donné que le commerce se fait le plus souvent de manière informelle, il n’existe aucune structure à la frontière pour permettre aux marchandes haïtiennes de travailler dans de bonnes conditions.

En mettant en perspective les problèmes auxquels les marchandes sont confrontées, ce documentaire donnent la parole à ces femmes de l’ombre qui effectuent régulièrement des allés et venues entre les deux pays dans des conditions violentes.

Elles sont livrées à elle-même sans aucun regard des autorités sur ce qu’elles font pour vivre, sans aucune loi régulatrice, pour ainsi dire, sans aucune protection physique et morale.

Ainsi, ces femmes sont victimes de plusieurs formes de violence soit au marché où elles vendent, ou alors de la part des représentants de l’ordre des deux pays.

« Il est interdit de frapper les dominicains ou les haïtiens même avec la « bouche » car des images peuvent êtres prises à tout moment et à notre insu, explique un commandant des forces de l’ordre dominicaines dans une des séquences du documentaire. D’autres images mettent en scène des policiers haïtiens frappant à coups de bâton leurs compatriotes pour les obliger à s’aligner avant de franchir la frontière.

Une certaine solidarité s’établit cependant entre les deux peuples. Dans une séquence du reportage, un commerçant dominicain cache dans sa boutique la marchandise d’Anise pour éviter qu’elle ait des problèmes.

Après cette projection-débat à laquelle une soixantaine de participantes et participants ont pris part, Colette Lespinasse présente un certain nombre de recommandations s’appuyant notamment sur les propos tenus par les marchandes interrogées dans le documentaire.

« Il est urgent de construire une branche du marché en Haïti, d’assurer la sécurité, de fixer les taxes pour éviter les abus et les discriminations, d’effectuer un contrôle des marchandises et des flux de personnes aux frontières du pays ».

Selon Colette les autorités doivent mettre en place de meilleures conditions d’hygiène avec la construction d’un dispensaire et la mise en place d’un système de ramassage des ordures pour éviter que les villes se transforment en dépotoir.

Elle préconise aux parlementaires de voter des lois et aux autorités de passer des accords avec la République Dominicaine tout en s’assurant de leur respect, pour en finir avec les abus commis à la frontière.

Elle recommande aussi la création de plusieurs consulats pour qu’il y ait une représentation légale de l’Etat, car « la majorité de la violence perpétrée sur les haïtiens/nes s’exerce en République Dominicaine ».

Cette projection a été organisée par le GARR dans le cadre de la semaine d’activités en solidarité avec les migrants qui se déroule du 12 au 18 décembre. Ce documentaire a été réalisé notamment avec la participation du Groupe Médialternatif (GM) et le support financier du fond Kore Fanm de la coopération canadienne.

C’est la deuxième fois que GM présente un film publiquement, qui s’inscrit dans le cadre de leur travail de promotion et de défense du droit à la communication.


[1] La Fondation Connaissance et Liberté



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