Ma petite maison mobile

Dave Campagna, fondateur de Ma cabane du Canada, a décidé de se lancer dans la construction de tiny houses, des habitations en bois de petite taille, écologiques et transportables au gré des envies. Leur prix, accessible, évite de s’endetter auprès des banques. Il est le premier constructeur installé en Île-de-France.

Une légère brume glaciale donne une allure irréelle à la campagne en ce petit matin de décembre. Dave Campagna, président de la société « Ma cabane du Canada », s’affaire dans son atelier de Mortcerf, petite commune de Seine-et-Marne.

A 51 ans, cet ancien épidémiologiste bricoleur a entrepris de changer de vie et de travailler avec ses mains. « Depuis que je suis tout petit je construis des cabanes, se souvient-il. J’ai commencé à faire des recherches il y a deux ans, et j’ai démarré la construction l’année dernière. » Il décide alors de se lancer dans la construction de tiny houses, de minuscules maisons en bois, écologiques et montées sur roues pour pouvoir être déplacées au gré des envies. L’idée : offrir un mode de vie simple, respectueux de l’environnement, et permettre aux gens d’acquérir un logement sans devoir s’endetter auprès d’une banque pour vingt ans ou plus.

En cette période de fêtes, la première « cabane du Canada » a été décorée avec soin. Elle est même devenue une attraction locale. Ce modèle « de luxe », proposé au prix de 58 000 euros, est construit entièrement avec des matériaux français : bois brut, isolant écologique en coton recyclé, châssis de remorque. Les pièces métalliques pour la cuisine et le plastique moulé pour la salle de bain sont fournis par deux entreprises voisines. Seules, les 13 fenêtres sur mesure, proviennent d’autres pays d’Europe.

À l’intérieur, la surface au sol est de 12 mètres carré : petit salon, cuisine équipée, salle de bain avec WC et emplacement pour un lave-linge, nombreux placards, radiateur et mini poêle à bois, tout y est ! Les luminaires sont fabriqués main avec des objets chinés. À l’étage, une mezzanine de six mètres carrés accueille le coin chambre, en face d’elle, un petit espace de rangement supplémentaire. Reste la toiture à installer et la terrasse à terminer. Contrairement à d’autres modèles, celle-ci n’est pas autonome en eau et en électricité, et doit être raccordée au réseau par le biais d’un tuyau et d’une prise électrique.

Un concept qui provient des États-Unis

Ma cabane du Canada, baptisée en référence aux origines de Dave Campagna, est la première entreprise de construction de tiny houses en Île-de-France. Ces petites maisons sont apparues aux États-Unis en 1999, sous l’impulsion de l’architecte Jay Shafer. Introduites dans l’Hexagone en 2013, elles sont apparentées au plan légal aux caravanes et se multiplient sur tout le territoire.

Il a fallu un an de travail et beaucoup de recherches à Dave Campagna et ses deux associés pour affiner le concept et construire leur premier prototype. Jean-Christophe Clerc, ébéniste, et Jérôme Guillot, vitrier, partagent le même enthousiasme pour les réalisations étonnantes et décalées. C’est en autodidactes, en surfant sur le net qui regorge de blogs d’auto-construction, mais aussi en rendant visite à des entreprises de tiny houses qu’ils se sont formés. Dans le milieu, l’entraide est un mode de vie : « Ils nous ont appris plein de choses, si à mon tour je peux aider, ça sera avec plaisir », explique Dave Campagna.

Pour la prochaine maison, trois mois devraient suffire à la construction. Le premier modèle devrait être proposé autour de 30 000 euros, mais pourra s’adapter au budget et aux envies du client. Le marché s’annonce porteur. « En grande ceinture, beaucoup de gens semblent intéressés, observe le chef d’entreprise. Ils en parlent sur les forums, ça répond à un besoin et ça plaît. Si on en fait quatre ou cinq par an je serai content. »

Rédactrice : Alexandra Scappaticci – Photographe : Denis Dupouy