Immobilier parisien : 10 000 euros le mètre carré, qui dit mieux ?

Le prix de l’immobilier dans la capitale a très fortement augmenté depuis septembre 2016 et a atteint un nouveau record, annonce la chambre des notaires de la ville de Paris.
Agence immobilière Century 21, près de la place Gambetta dans le 20e arrondissement de Paris. Photo : © Gianluca Rigo

Le marché de l’immobilier parisien a de nouveau la grosse cote, après un an et demi de léger ralentissement. Hausse des transactions et surtout hausse du prix du mètre carré, tel est
le constat fait par plusieurs agences immobilières de la capitale, un état des lieux corroboré par la chambre des notaires de Paris.

Ainsi, selon cette dernière, en septembre 2017, le prix du mètre carré avait bondi de 7,7 % en un an, pour atteindre un prix médian record de 8 940 euros. Quant au volume de transactions, bien qu’inférieur à ceux de la petite (+ 11 %) et de la grande (+ 17 %) couronne, il s’est tout de même accru de 3 % au cours de la même période.

Une envolée des tarifs qui s’est confirmée depuis, touchant tous les arrondissements de la capitale et atteignant même quelques records dans certains d’entre eux. La hausse passe les 10 % dans quatre arrondissements (les 4e, 6e, 12e et 18e), et le mètre carré s’envole à plus de 10 000 euros dans sept d’entre eux.

« Les investisseurs sont de retour »

Dans le 6e, au cœur du vieux Paris, « la demande est soutenue. Le quartier a vu le mètre carré prendre 10 % en six mois et s’envoler à plus de 13 000 euros », confirme Maxime Gomez-Saltao, négociateur à l’agence Dauphine-Rive gauche, qui couvre le quartier de la Monnaie. Idem dans les 3e et 4e, précise t-il, « on n’y trouve rien à moins de 11 000 euros ». 

Autre lieu, même tendance : « Le 12e, c’est grand et très divers. Autour de la rue de Charenton, le prix change avec la rue, voire la mi-rue, mais on constate une hausse du mètre carré dans tout l’arrondissement, témoigne Thibault Collinart, négociateur pour l’agence Atout, rue de Charenton. Bien sûr, c’est l’ancien qui est le plus recherché, mais le neuf est aussi très demandé. » Les clients sont d’abord des primo-accédants, puis des investisseurs, qui reviennent en force depuis six mois.

Les quartiers plus populaires ne sont pas épargnés par cette inflation. Ainsi, dans le 18e, vers la Porte de la Chapelle, le mètre carré a pris là aussi 10 %, selon Charly Champigny, responsable de l’agence Laforêt Marx Dormoy. Mais ce quartier reste un des moins chers de Paris. « Ça se ressent dans notre clientèle, observe l’agent immobilier. Ici, on a surtout de jeunes trentenaires actifs, primo-accédants qui vendent leur bien et en rachètent un autre avec l’arrivée d’un premier enfant. On voit relativement peu d’investisseurs, ici on reste en famille, et on essaie de privilégier la vie de quartier. »

Si les bas taux d’intérêt expliquent en partie ce regain d’engouement pour la vieille cité parisienne, ils ne sauraient suffire à justifier cette envolée des prix sur la capitale. Maxime Gomez-Saltao constate surtout un retour des investisseurs étrangers sur le marché parisien : « Ils reprennent confiance, la croissance redémarre et il n’y a plus d’attentats. Pour moi, c’est lié à l’élection d’Emmanuel Macron, ça leur semble une garantie de stabilité. »

Thibault Collinart livre la même analyse : « Les investisseurs sont de retour. Il y a eu comme un vent de panique avant la présidentielle, on sentait les gens en attente, qui ne savaient pas trop quoi faire. Et puis, après l’élection, il y a eu une ruée sur les produits, on a enchaîné les ventes. La confiance était revenue. »

On l’aura compris, Paris est et reste une valeur sûre sur le plan de l’investissement immobilier. Une tendance qui pourrait bien se poursuivre jusqu’aux Jeux olympiques, en… 2024.

Rédactrice : Nathalie Simon – Photographe : Gianluca Rigo