Les bailleurs sociaux divisés sur la baisse des loyers

Une partie des groupes HLM a refusé de signer l’accord sur la coupe budgétaire d’1,5 million d’euros prévue dans le projet de loi de finances pour 2018. Alors que s’ouvre le 20 décembre la conférence de consensus sur le logement au Sénat, les bailleurs sociaux sont divisés.
Une partie des bailleurs sociaux dénonce la coupe budgétaire qui les priverait des moyens nécessaires à la rénovation, à la construction et à l’entretien du parc HLM, comme ici, derrière Montparnasse. Photo : © Philippe Labrosse.

Dans un protocole d’accord avec les bailleurs sociaux signé le 13 décembre, le gouvernement a assoupli son projet de diminution des loyers, l’une des mesures phares de son projet de loi de finances 2018. En proposant une baisse progressive des loyers, le nouvel accord a créé une brèche dans l’unité qui prévalait jusqu’alors entre les sociétés HLM.

Un budget amputé de 1,5 milliard d’euros 

Dans sa forme actuelle, l’accord constituera une économie de 800 millions d’euros pour le gouvernement en 2018 et autant pour 2019, puis 1,5 milliard d’euros en 2020. Imposée par le gouvernement pour compenser sa mesure de diminution des aides personnalisées au logement (APL) de 60 euros, cette mesure constituera cependant un manque à gagner substantiel dans les revenus des bailleurs sociaux.

Selon les signataires – les Entreprises sociales pour l’habitat (ESH), proche du syndicat patronal Medef, et l’Union d’économie sociale pour l’accession à la propriété (UES-AP) – ce compromis constitue un moindre mal. Interrogée par l’AFP, la présidente de la fédération des ESH, Valérie Fournier, a indiqué que son organisme préférait un accord qui évite « le choc industriel » qu’aurait représenté une baisse immédiate d’une valeur de 1,5 milliard d’euros inscrite à l’article 52 du projet de budget 2018.

Renoncer à des milliers de nouveaux logements 

En revanche, les Offices publics de l’habitat (OPH) et l’Union sociale de l’habitat (USH), qui réunit 723 bailleurs sociaux, n’ont pas signé l’accord. L’USH déplore cette « divergence » entre bailleurs sociaux. Pour le syndicat du logement et de la consommation SLC-CSF, cette coupe budgétaire signifiera « moins d’entretien pour les immeubles avec une dégradation rapide des conditions de vie pour les locataires ». Les bailleurs sociaux devront également renoncer à la rénovation et à la construction de milliers de logements.

La conférence de consensus sur le logement, initiée par le président du Sénat Gérard Larcher, se déclinera en cinq réunions du 20 décembre 2017 au 25 janvier 2018. Elle se veut être une « vraie concertation sur la politique de logement ».

Rédactrice : Meriem Laribi – Photographe : Philippe Labrosse