L’avenir du collège Jean-Perrin en suspens

Réunion de parents d'élèves et de professeurs du collège Jean-Perrin.
Crédit photo : Léo Keler.

La crainte d’une fermeture était sur toutes les lèvres, et les tentatives de la mairie de Paris, du rectorat et de la mairie du XXe pour rassurer parents et professeurs ont fait chou blanc, faute de projet qui emporte l’assentiment.

L’ambiance était tendue hier soir au collège Jean-Perrin, dans le XXe arrondissement de Paris, où se tenait une réunion publique sur l’avenir de l’établissement. « Cela fait des années que l’on tire la sonnette d’alarme pour le collège Jean-Perrin », s’exclame Wahiba, déléguée des parents d’élèves, à l’entrée de l’établissement, « et, à ce jour, on reste avec un point d’interrogation sur son avenir ». Dans la salle où se tient la réunion publique sur la sectorisation des collèges du XXe sud, les parents sont inquiets. Ils commencent à s’impatienter et souhaiteraient savoir à quoi s’en tenir, sachant qu’aucun des deux scénarios envisagés pour l’avenir du collège ne remporte leurs suffrages. Le premier d’entre eux transforme le collège en cité éducative, impliquant la répartition de ses élèves dans trois autres collèges du XXe sud. Le second scénario répartit les élèves dans quatre collèges du XXe sud à partir d’un algorithme garantissant la mixité scolaire.

Statut quo

« Depuis le début, je vous ai dit qu’aucun projet ne se ferait sans un minimum d’accord de la communauté scolaire », annonce la Maire du XXe arrondissement, Frédérique Calandra. La centaine de parents et professeurs de l’assemblée n’est pas pour autant rassurée, et la tension monte. Puis, Patrick Bloche, l’adjoint à la maire de Paris chargé des questions relatives à l’éducation, à la petite enfance et aux familles, déclare haut et fort que faute d’« un consensus suffisant, aucune des deux hypothèses qui avaient été débattues ne sera retenue à la rentrée 2019 et, a fortiori, en raison du calendrier électoral, à la rentrée 2020. » Tonnerre d’applaudissements, les parents et les professeurs sont, cette fois, rassérénés.

 

Frédérique Calandra Maire du 20eme au collège Jean Perrin.
Crédit photo : Léo Keler

Des inquiétudes qui subsistent

Mais le soulagement est de courte durée. Très vite, l’inquiétude revient. Quelles seront les prochaines étapes, selon quel calendrier ? Quels seront la méthode et les moyens mis à disposition pour donner un avenir au collège Jean-Perrin ? Ces questions restent sans réponse et certains sont en colère. Comme Véronique, enseignante au collège, pour qui « une partie des problèmes de Jean Perrin viennent de sa sectorisation actuelle, sur la périphérie du XXe, c’est-à-dire là où se concentre une population de pauvres et d’immigrés ». Or, cette sectorisation doit être revue en 2019 afin d’aller vers plus de mixité sociale, en affectant des élèves des quartiers favorisés au collège Jean-Perrin, et inversement. « Mais, ajoute Véronique, il semble que ni la mairie ni le rectorat n’ait le courage de s’attaquer à ce sujet avant les élections, et que nous n’ayons pas notre mot à dire ».

À la sortie du collège, quelques mamans ont revêtu des gilets jaunes, en signe de ras-le-bol et de protestation contre cette situation d’injustice et de déni de démocratie.

Hugues Menuet