Féministhèque et bibliothèqueer : « un mariage d’amour, de culture et de combat »

La danseuse Sandra Passirani réalise une chorégraphie désenchantée sur le regard des hommes.
Crédit photo : Frédéric Migeon

La Féministhèque, bibliothèque féministe et la Bibliothèqueer unissent leurs efforts pour mettre à la disposition de toustes (pronom queer) des ouvrages portant sur les questions LGBTQIA+. Le 20 décembre, elles fêtaient leur partenariat.

« Il n’y a qu’une seule bibliothèque féministe à Paris, la bibliothèque Marguerite Durand dans le XIIIe arrondissement. C’est largement insuffisant, d’autant que cette bibliothèque, réservée aux spécialistes, n’est pas très accessible », déplore Lauren, qui, à 25 ans, est la vice-présidente de la Féministhèque.

Ce soir-là, le 20 décembre, la Féministhèque célèbre son partenariat avec la Biliothèqueer, une bibliothèque itinérante LGBTQIA+ (lesbiennes, gay, bisexuel·les, trans, queer, intersexes, asexuel·les et autres), à la Maison des initiatives étudiantes, dans le IIIe arrondissement, à Paris. Il s’agit, pour ces deux bibliothèques, d’un « mariage d’amour, de culture et de combat. »

Depuis avril 2018, la Féministhèque, qui s’adresse à un lectorat étudiant, propose des ouvrages féministes à tous et toustes. Mais jusque-là elle manquait de livres sur les thématiques LGBTQIA+. Elle a donc mis à la disposition de la Bibliothèqueer une étagère permanente.

« C’est par l’éducation et la culture qu’on parviendra à éradiquer la domination masculine, le sexisme et la queerphobie »,

observe Lauren.

 

Deux étudiantes de l’école du Louvre, militantes LGBTQIA+.
Crédit photo : Frédéric Migeon.

 

Une étagère permanente pour la Bibliothèqueer

« Comme la Bibliothèqueer était itinérante, les gens ne pouvaient pas emprunter de livres, ils ne pouvaient que les consulter pendant un temps limité, par exemple, l’été dernier, au Point éphémère entre le 1er et le 13 juillet. C’est pour cela, qu’un partenariat était indispensable, afin que les livres traitant des problématiques LGBTQIA+ soient accessibles à tout le monde », explique Lauren.

« On garde espoir »

Des jeunes commencent à arriver, un grand sourire aux lèvres. « Iels » – pronom queer –  sont maintenant une quinzaine. La soirée sera jalonnée d’interventions. Une des participantes au concours d’éloquence « ‘Droits de l’homme’, une violence contre les femmes », qui s’est tenu le 15 décembre à Paris, a lu son discours et remporté un franc succès. Puis des membres de l’association Mauvais genre(s) de l’école du Louvre ont évoqué la représentation du corps des femmes à travers l’histoire de l’art. Enfin, clou de la soirée, sur le fond sonore de l’interview d’un journaliste britannique exprimant avec virulence son antiféminisme et son homophobie, la danseuse Sandra Passirani réalise une chorégraphie désenchantée sur le regard des hommes.

 

A gauche, en robe marron, Lauren, vice-présidente de la Féministhèque.
Crédit photo : Frédéric Migeon.

 

« Le combat est difficile, observe Lauren, et nécessaire. On garde espoir, car il y a de plus en plus de monde à nos événements ».

 

Hervé Hinopay en collaboration avec Sylvia Duverger et Frédéric Migeon