Persona grata : l’exposition sur l’immigration par ceux qui la vivent

Exposition Persona Grata, au Musée de l'histoire de l'immigration
Crédit photo : Ibrahim Benaïssa
La devanture du Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris.
Crédit photo : Ibrahim Benaïssa

 

À l’heure où les débats sur l’accueil des migrants s’électrisent, le Musée d’Art contemporain du Val-de-Marne et le Musée national de l’histoire de l’immigration proposent une exposition qui interroge le sens de l’hospitalité dans nos sociétés.

Conjointement organisée par le Musée de l’Histoire de l’immigration et le MAC/VAL (Musée d’Art Contemporain du Val de Marne, situé à Vitry-sur-Seine), l’exposition Persona Grata propose un ensemble de court-métrages, de peintures ou de photos sur les exils forcés, les urgences des départs et la douleur des arrivées. Persona Grata répond à l’expression opposée largement plus diffusée dans le langage courant, Persona Non Grata, « personne n’étant pas la bienvenue ». C’est aussi une locution ayant un sens juridique précis visant à exclure d’une communauté et d’un territoire. Loin des statistiques des flux migratoires et des enjeux électoraux, les artistes s’intéressent ici à ces hommes et ces femmes qui s’en sont allés de chez eux, à ces corps devenus étrangers, à ces envies d’ailleurs dont ils héritent.

En y allant, vous tomberez par exemple sur Koropa. Un court-métrage de Laura Henno sur l’histoire d’un commandant de bivouac qui apprend à un gamin orphelin comment faire passer clandestinement les personnes des Comores vers Mayotte. Astuce tragique qu’ont trouvé les passeurs pour déjouer les poursuites de la police aux frontières. Les mineurs ne peuvent en effet pas être emprisonnés et ne risquent que quelques coups de bâtons.

Installation vidéo de trois conversations entre trois femmes de même famille, dont la grand-mère est immigrée, au Musée national de l’histoire de l’immigration.
Crédit photo : Ibrahim Benaïssa

 

Zineb Sedira, elle, décline l’effritement des identités sur trois écrans : un dialogue entre une mère algérienne immigrée en France qui ne parle pas le français mais qui arrive tout de même à communiquer avec sa fille qui comprend le dialecte algérien, à l’opposé, sur le dernier écran, la communication rompue entre une petite-fille anglaise et sa grand-mère qui ne se comprennent pas. Cette œuvre et toutes les autres donnent à voir la pluralité des identités qui constituent un individu mais aussi sa migration, ses changements.

Ibrahim Benaïssa