Avenue de Flandre, Paris XIXᵉ : à saisir, appartement pas cher dans résidence ultrasécurisée

Dans la cité des Eiders, les appartements à vendre sont parmi les moins chers de Paris.
Crédit photo : Sonia Yassa

À 7 000 € le mètre carré, la résidence des Eiders, XIXarrondissement, est située sur l’un des secteurs les moins chers de Paris. Mais si l’achat est relativement bon marché pour la capitale, la sécurité a un coût. Les habitants des Eiders, préoccupés par la cité HLM des Archereau située juste en face, ont décidé de financer leur protection.

« Le fait d’avoir des grilles, ça rassure », affirme Mme Richard, une habitante de l’immeuble n° 14, qui s’apprête à fouler le seuil des Eiders, souliers vernis aux pieds. Dans les allées, les agents de sécurité font des rondes. Leur seule mission : faire régner le calme. Hautes de trois mètres, les grilles fonctionnent avec un lot de clés et de badges dont dispose chacun des 7 000 habitants de la résidence pour entrer ou sortir de chez eux, permettant d’éviter que les jeunes de la cité HLM des Archereau ne viennent y passer du temps. Un argument de taille pour des primo-accédants.

Agent de sécurité faisant sa ronde dans la résidence Les Eiders
Les copropriétaires ont engagé une entreprise de sécurité pour surveiller les allées et venues dans la résidence.
Crédit photo : Sonia Yassa

Service de sécurité haut de gamme

« Un tel service de sécurité a été un élément déclencheur alors que nous n’avions pas les moyens d’habiter ailleurs dans Paris », déclare un jeune couple croisé dans le hall de l’immeuble n° 14 avec ses trois enfants en bas âge. « On s’est dit : après tout, pourquoi pas ? » À la demande des copropriétaires, qui financent eux-mêmes leur sécurité, un système de vidéosurveillance a aussi été installé. Le montant global des charges s’élève ainsi à 300 euros par mois pour un F3. « Il faut bien payer les vigiles », rétorque M. Laval, ancien fonctionnaire des finances à la tignasse blanche et résident des Eiders depuis 1991.

Le gardien dans sa loge équipée d'un écran de contrôle
Hafid, le gardien de l’immeuble n° 14 de la résidence, dans sa loge équipée d’un écran de contrôle.
Crédit photo : Sonia Yassa

Un œil omniscient, une oreille attentive

La confiance, elle, s’instaure avec le gardien de l’immeuble. « Les gens me confient leurs clés, et accessoirement leur vie », glisse Hafid, dont le travail consiste à recueillir les doléances des résidents comme leurs colis. Équipée d’un écran de contrôle, sa loge est devenue un véritable confessionnal. Un œil omniscient, une oreille attentive, il réconforte. « Les gens viennent me parler après un décès ou une trahison. » Cette relation particulière facilite en outre la tâche du gardien, par exemple lorsqu’un technicien de maintenance essaie d’entrer dans un appartement. « Sans moi, les gens n’ouvriraient pas la porte. »

Mélanie Cravero