Arkose Nation, Paris XXᵉ, la salle d’escalade qui grimpe

Dans la salle d'escalade Arkose, des grimpeurs montent sur le mur d'escalade
L'escalade en salle, une pratique sportive urbaine en pleine ascension.
Crédit photo : Myriam Renaud

Arkose Nation, Paris XXᵉ, est une immense salle d’escalade. Cette activité passionne de plus en plus d’urbains, pour le sport comme pour l’ambiance. Mais qui sont ces pratiquants ?

Aux heures de pointe, la salle d’escalade d’Arkose Nation, Paris XXe, c’est la bataille de la Somme. Dans la zone de sécurité, les grimpeurs en rang serré se massent entre les deux murs de grimpe, attendant leur tour avant de se lancer à l’assaut.

Mais la comparaison s’arrête là. À l’étage supérieur, ça parle français, espagnol, anglais. Les sportifs se retrouvent autour d’une bière, après leur séance, dans la salle d’un bar lounge baigné de musique pop.

Arkose Nation : mur d'escalade et attente des grimpeurs
Aux heures d’affluence, il faut parfois des sommets de patience pour atteindre le haut niveau.
Crédit photo : Myriam Renaud

L’escalade n’est plus un sport de niche

Erwan Marjo, directeur de la salle d'escalade Arkose
Erwan Marjo, directeur de la salle Arkose Nation, fait le plein chaque jour.
Crédit photo : Myriam Renaud

Arkose Nation est l’un des neuf blocparcs urbains du groupe Arkose, répartis dans toute la France. La salle parisienne fait face à un véritable engouement depuis son ouverture, en janvier 2017. « Il y a eu un gros boum dans toutes nos salles d’Île-de-France, à Montreuil, Massy, et ici dans le XXe », explique Erwan, le jeune directeur de la salle de Nation. Alors quand on demande aux habitués du lieu pourquoi ils viennent ici, la réponse fuse : « Avant, l’escalade, c’était un sport de niche pour des gens de haut niveau qui voulaient s’entretenir. Aujourd’hui, ça n’a plus rien à voir », explique Louis, grimpeur depuis cinq ans et accessoirement brasseur et fournisseur en bière des salles du groupe Arkose. « Désormais, le public est majoritairement composé de débutants, corrobore Erwan, alors qu’à l’époque, les bons grimpeurs s’arrogeaient des panneaux entiers et ne se mélangeaient pas tellement. »

Bien gérer l’affluence

Force est de constater que cette période est révolue. Les grimpeurs aguerris se mêlent aux néophytes et proposent conseils et encouragements. Des rencontres se font, des amitiés se créent. « Le mercredi à 18 h, c’est encore le meilleur créneau pour retrouver mes amis ici », positive Fanny, arrivée dans la salle il y a deux mois. « Moi, j’évite tout simplement de venir les soirs et les week-ends », nuance Kelvin, lui aussi nouveau venu mais très assidu. Arkose propose en effet un forfait happy hour qui incite les pratiquants à venir avant 16 h 30 ou après 21 h 30. « Initialement notre but était d’encourager les gens à exploiter plutôt les créneaux du matin avant d’aller travailler », ajoute Erwan.

Arkose Nation, une salle d'escalade ; un grimpeur suspendu dans le vide
L’escalade, moment suspendu de sport et de détente.
Crédit photo : Myriam Renaud

Mixité à bon prix

Les mains blanches de magnésie, Clotilde, grimpeuse de la salle Arkos
Les mains blanches de magnésie, Clotilde, une habituée à bloc !
Crédit photo : Myriam Renaud

Sur la composition du public, on ne peut pas s’empêcher de noter une certaine homogénéité : ici, il y a surtout des jeunes cadres, plutôt blancs, plutôt branchés. Pour Erwan, « la fréquentation s’est développée surtout par le bouche à oreille », ce qui explique en partie le manque de mixité. Mais les prix, autour de 13 € la séance, y sont peut-être aussi pour quelque chose. Ce tarif élevé n’arrête pourtant pas Clotilde, grimpeuse depuis deux ans qui fréquente beaucoup la salle de Massy et dispose d’un abonnement qui lui revient à moins de 50 € par mois.

Pour s’ouvrir à un public plus mixte, Arkose fait de temps à temps appel à des influenceurs Instagram. La chaîne ouvrira par ailleurs de nouvelles salles, courant 2019 à Rouen, Lille et Paris XVIIIe. « Les abonnés auront bien sûr accès à la totalité du réseau », rassure Erwan.

Car malgré une fréquentation qui crève les plafonds, les nouveaux venus comme les habitués continuent d’affluer de partout dans une ambiance bon enfant. Ces dix dernières années, la pratique de l’escalade, et plus encore celle du bloc en salle (escalade sans harnais), s’est considérablement démocratisée.

Geoffrey Fernandez