Journée internationale des migrants : 2000 personnes ont manifesté de République à la gare du Nord

Place de la République, Paris Xe.

Suite à l’appel des syndicats, ils étaient nombreux hier à défendre les droits des migrants. L’urgence de la situation n’a pas empêché la manifestation de se dérouler dans une ambiance de fête, entre chants, danses et percussions.

Il y a foule place de la République, en cette journée internationale des migrants. Nous sommes mardi 18 décembre, il est 18 heures. Au rythme des percussions, les pancartes et drapeaux de la CGT,  de la Ligue des droits de l’homme, du PCF et du NPA, entre autres, apparaissent alors que les gens se rassemblent. Ils seront près de 2 000 à défiler en direction de la gare du Nord. « On est là pour faire valoir le droit au travail des salariés sans papiers », explique François, un sexagénaire qui a pris place dans les rangs de la CGT. La question du travail est au cœur des revendications que l’on peut entendre dans ce grand rassemblement, organisé à l’appel des collectifs de soutien aux sans-papiers et de plusieurs organisations syndicales.

En tête de cortège, Abdou, percussion sous le bras, suit une banderole blanche qui scande : « Non au délit de solidarité ». Voilà trois ans qu’il vit dans un squat et enchaîne les petits boulots au noir. « Pour travailler, je me mets à la sortie des magasins de bricolage ou de gros œuvre et j’attends. Parfois, je fais la plonge. Je connais aussi quelques entrepreneurs qui me font travailler à la journée. Ça peut me rapporter entre 20 et 50 euros par jour, mais ce n’est pas tous les jours. »

Si le travail est au cœur des revendications, les questions du logement et de l’accueil sont aussi largement évoquées.
Crédit photo : Nicolas Portnoi

Un contrat de travail ne garantit pas une situation confortable à un migrant sans papiers. Comme l’explique François, syndiqué à la CGT, « les migrants sont souvent embauchés dans des secteurs à haute tension comme la restauration, la sécurité et le nettoyage ». Souvent isolés et vulnérables, ils méconnaissent leurs droits et peuvent être sujets à de nombreux abus de la part de leurs employeurs. Le syndicaliste poursuit : « Quand ils sont embauchés légalement, ça leur donne droit à des récépissés renouvelables qui les condamnent à la précarité. Si l’employeur rompt leur contrat de travail, on peut les renvoyer chez eux. »

Martine, petite femme énergique à la chevelure grisonnante, milite à la Ligue des droits de l’homme et travaille dans un centre d’accueil pour migrants à Achères (78). Sa mission est d’aider les personnes dans leurs démarches administratives et dans l’apprentissage du français. Sa revendication ? « Que la France signe la convention internationale de l’Onu [qui vise à garantir l’égalité de traitement entre les migrants et les nationaux ainsi que les mêmes conditions de travail], comme elle l’a fait pour les droits de l’enfant ! »

Les percussions n’ont pas cessé de résonner jusqu’à la gare du Nord. À 20 h 45, Anzoumane Cissoko, porte-parole de la Coordination 75 des sans papiers (CSP), s’est adressé à la foule au micro du stand du PCF : « Nous demandons régularisation globale des sans-papiers, égalité et justice sociale pour tous. » Avant de conclure : « Mettons en avant ce qui nous unit, laissons de côté ce qui nous sépare ».

 

Texte : Kary Amimeur
Photos : Nicolas Portnoi

 

2 Comments

  1. Super intéressant ! Merci pour cet article de qualité qui parle d’un sujet encore peu traité par les autres médias.

  2. Bravo pour cette belle synthèse sur un sujet oh combien délicat qui malheureusement nous montre ce beau pays qu’est la France, sous un autre jour. Ce pays qui présidence après présidence, ne cesse de s’enfoncer dans un inexorable déclin emportant par là même le peuple qui trinque en premier non pas le champagne resevé à nos gouvernants; mais la lie de la misère, qui ne cesse de toucher de plus en plus de citoyens. A quand un pays vraiment démocratique, à savoir que dans pays démocratique, on ne voit pas de gens vivrent dehors,on ne voit de gens exploité par d’autre,on ne voit de gens survivre. Est-ce utopiste de souhaiter, d’imaginer cela. Peut-être que tant que nos gourvernants de gauche, de droite garderons le même le cap, rien ne changera. Mais tout est possible et les gilets jaunes sont l’expression même de cette envie de début de changement.

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