Témoignages: un véritable marathon pour se rendre au travail

Élodie, serveuse dans un restaurant parisien, marche 14 kilomètres par jour. © Audrey Delaporte

Les fortes perturbations des transports ont d’importantes répercussions sur les Parisiens. Pour se rendre sur leur lieu de travail, certains marchent trois heures par jour. Un rythme difficile à tenir sur la durée.

“Depuis deux semaines je marche quotidiennement 14 kilomètres pour aller et revenir du travail, soit trois heures de marche par jour”, craque Elodie, serveuse au Klay Saint Sauveur dans le quartier Montorgueil, en larmes. Antoine, quarantenaire et intermittent du spectacle au Trianon en horaires décalés, rencontre des difficultés à trouver un Vélib’ à 23 heures. Il se voit contraint, après 12 heures de travail, de marcher durant quarante-cinq minutes pour rejoindre le XIe arrondissement de Paris : “Je ne porte plus que mes baskets de running ! Pas besoin d’aller à la salle de sport, les grèves remplacent un abonnement.” Quant à Sarah, qui travaille à Londres et à Paris, elle s’est foulé le pied en courant après un taxi alors qu’elle portait des chaussures à talons.

Des difficultés à se rendre sur leur lieu de travail plus ou moins bien vécues par tous les trois. Elodie doit ajouter à ses trois heures de marche quotidiennes, huit heures de travail, durant lesquelles elle arpente la salle de son restaurant pour en assurer le service : “Je suis exténuée physiquement, mais aussi psychologiquement. Étant célibataire, je gère en plus mon fils seule. Je n’ai plus d’énergie, mon corps commence à lâcher.” Antoine préfère en rire, même s’il s’avoue plus fatigué que d’habitude : “Ça me permet de tenir. Je n’ai pas le choix, j’ai mes heures d’intermittent à faire. Je ne pense donc au retour à pied qu’en quittant la salle. Sinon, je déprimerais direct.” Enfin, Sarah avoue qu’elle a hâte de rentrer à Londres : “Je n’en peux plus, je doublais déjà mes temps de transports pour le moindre rendez-vous, là je préfère les annuler pour certains. C’était plus rapide d’y aller en courant !”

Pour tous les trois comme pour bien d’autres, travailler prend des allures de marathon. Les Parisiens, certains plus philosophes que d’autres, semblent exténués.

Célyne Mazières & Lise Lafaurie

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