SOS Retraites: le collectif de professions libérales appelle à une grève générale illimitée le 3 février 2020

Le cortège des avocats défile lors de la manifestation contre la réforme des retraites, le 05 décembre 2019 à Paris. © Léonor Lumineau
Le cortège des avocats défile lors de la manifestation contre la réforme des retraites, le 05 décembre 2019 à Paris. © Léonor Lumineau

D’ordinaire peu habituées à battre le pavé, les professions libérales rejoignent le mouvement de contestation contre la réforme des retraites. Elles se mobilisent pour dénoncer la suppression de leur régime autonome. Malgré des modes d’actions limités par leur statut, ils entendent peser dans les discussions avec le gouvernement.

On assurera la continuité des soins pour les patients déjà hospitalisés, mais nous n’en accepterons pas d’autres”, prévient le docteur Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), qui réunit spécialistes et généralistes. Les professions libérales dénoncent à l’unisson une augmentation importante de leurs cotisations sans garanties de compensation.

Le 17 décembre dernier, l’ensemble des syndicats d’avocats d’Ile-de-France a appelé à la grève. “En intégrant le régime général, notre cotisation, déjà élevée, passerait de 14 % à 28 %”, explique Meriem Ghenim, présidente de la section Seine-Saint-Denis du Syndicat des avocats de France (SAF). Les fermetures de cabinets sont particulièrement redoutées: “la moitié de la profession gagne moins de 40 000 euros par an”.

Du côté des masseurs-kinésithérapeuthes, “la grogne s’amplifie” confirme Ludwig Serre, vice-président de leur syndicat parisien. Il dénonce “un pillage des réserves de notre caisse autonome pour alimenter le régime général”.

“C’est un déchirement, mais on n’a pas le choix.”

Pour peser dans les discussions, ces professions déploient des modes d’actions spécifiques. Yannick Thomas, président du Syndicat d’union des psychomotriciens, insiste sur les contraintes du libéral: “certains ne pourront pas faire grève, soit pour des raisons financières, soit parce qu’ils ne peuvent pas se permettre de rompre la régularité des rendez-vous avec les patients”. Ludwig Serre partage son avis: “afficher les raisons de notre colère dans les cabinets est un des moyens à notre disposition”.

Cette mobilisation a entraîné des perturbations dans les permanences juridiques et des reports d’audience dans les tribunaux: “C’est un déchirement, mais on n’a pas le choix. Il faut qu’on exprime notre désaccord.” , ajoute Me Ghenim.

Réunies dans le collectif SOS Retraites, 16 professions “de santé, de l’aérien, du droit et du chiffre” appellent à une grève générale le 3 février 2020. “La dernière fois que c’est arrivé, c’était en 1968”, souligne Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux. Un mouvement qui pourrait se poursuivre tant que les syndicats estiment que leurs “légitimes revendications ne sont pas entendues par le gouvernement”.

Céline Guillaume et Mathieu Laurent

 

 

 

 

 

 

 

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