Manifestation intersyndicale en Seine-Saint-Denis: “la lutte doit continuer pendant les fêtes”

Les syndicats du secteur public et privé défilent en Seine-Saint-Denis pour le retrait du projet de réforme des retraites, 19 décembre. © Patricia Moribe

Jeudi 19 décembre 2019, 10 h 30. Syndicats du secteur public, privé, grévistes non syndiqués défilent ensemble en Seine-Saint-Denis contre le projet de réforme des retraites et appellent à la poursuite de la mobilisation.

Un millier de manifestants part du rond-point des Six routes à La Courneuve pour rejoindre l’université de Saint-Denis mobilisée. Le mot d’ordre ne bouge pas mais se veut offensif: “Retrait total du projet de réforme des retraites”. Des cortèges s’élancent derrière des banderoles arborant fièrement les noms des villes du département: Aubervilliers, La Courneuve, Saint-Denis, etc. Reposant sur l’organisation d’assemblées générales intersyndicales (AGI), ces cortèges regroupent les grévistes syndiqués et non syndiqués de secteurs ou d’entreprises différentes: soignants, enseignants, territoriaux mais aussi des salariés de la Banque de France et, évidemment, la SNCF et la RATP.

La convergence des luttes se construit localement et côtoie les formes d’organisations plus traditionnelles par cortèges syndicaux: CGT Educ’Action, Sud Solidaire Education, FSU-SnuiPP, et FO. L’ambiance est festive et joyeuse. Laurent de la CGT d’Aulnay-sous-bois jubile: “En tête, des salariés viennent d’entreprises privées de Pantin, Bondy, Saint-Ouen ou encore Blanc-Mesnil. C’est comme ça qu’on gagnera: si les salariés des boîtes purement privées entrent dans la bataille.

“Jouer au Robin des Bois pour Noël”

Les syndicats se réunissent en assemblée générale à l’université de Saint-Denis pour le retrait du projet de réforme des retraites, 19 décembre. © Patricia Moribe

A l’arrivée, l’université de Saint-Denis accueille les marcheurs pour une assemblée générale. Une motion est alors votée permettant d’intégrer une revendication pour l’amélioration du régime de retraites actuel par répartition. L’ambiance est dynamique et les propositions fusent dans tous les sens: regrouper les caisses de grèves (5 000 € pour le collectif Paris VIII, 13 000 € à l’AGI de Saint-Denis) et organiser la redistribution des collectes pour les grévistes. La CGT Enedis annonce qu’elle va “jouer au Robin des Bois pour Noël”: remettre le courant à tous les foyers coupés pour non-paiement de facture. De leur côté, les enseignants rappellent la violence policière qui s’abat sur les lycéens depuis la veille et appellent à la solidarité. Une motion de condamnation de la répression policière est votée.

La date de la prochaine grève interprofessionnelle annoncée par les syndicats pour le 9 janvier semble bien loin à tout le monde. On s’organise pour que la mobilisation, non seulement tienne, mais s’élargisse d’ici là. Le délégué départemental SnuiPP appelle à rejoindre les collectifs en lutte pendant les vacances scolaires même si on se déplace en régions: “la lutte doit continuer même pendant les fêtes, on peut la mener partout”.

Thierry Moutou

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