Les militants écolos se mobilisent contre la réforme des retraites

Des militants écolos se mobilisent sur le parvis de la gare Saint-Lazare à Paris, en revendiquant le lien avec le combat pour la justice sociale. © Leonor Lumineau

A la gare Saint-Lazare, des militants écolos soutiennent la mobilisation contre la réforme des retraites. Ils voient une convergence dans l’idéal à défendre: travailler moins signifie produire moins et donc, polluer moins.

Une bande adhésive noire, un mètre de large sur dix de long, tendue entre deux lampadaires. Sur le parvis de la gare Saint-Lazare à Paris, jeudi 19 décembre, des activistes écolos improvisent une banderole sur laquelle ils taguent à la bombe un slogan jaune et rouge: “Bonne grève de Noël ! En grève pour le futur !” Un peu plus loin, une pancarte annonce la couleur: “Justice climatique et sociale, même combat.” L’idée de constituer une caisse de grève en soutien aux bases syndicales contre la réforme des retraites se concrétise. Sophie, étudiante à HEC, distribue des tracts. “La critique écolo de la réforme, c’est une critique générale de l’érosion des solidarités, qui passe par un allongement de la durée de la retraite”, souffle la jeune militante qui ne se revendique d’aucun mouvement. “Or, individualiser les carrières en créant un système par points casse les acquis sociaux et diminue le pouvoir de négociation des syndicats.

“Si l’on veut une société plus écologique, il faut moins travailler”

L’argent récolté sera donné aux caisses de grève syndicales en soutien aux grévistes contre la réforme des retraites. Parvis de la gare Saint-Lazare à Paris, 19 décembre 2019 © Leonor Lumineau

Une foule compacte débarque sur le parvis en direction de la gare. Les passants, visages fermés, ignorent la scène et les tracts. “Il y a un lien direct avec l’écologie, poursuit Sophie, parce que si l’on considère qu’une grande partie de nos besoins sont artificiels, et que l’on diminue le temps de travail, il y aura forcément moins de production et moins de PIB.” Raphaël, militant à Désobéissance Ecolo, s’affaire autour du stand, où il empile les gobelets en carton à côté d’un thermos de vin chaud, vendu à prix libre: “Si on veut une société plus écologique, il faut moins travailler pour baisser la production de marchandises qui pollue l’atmosphère”, argumente-t-il, avant de préciser que “le rôle des retraités est très important parce qu’ils créent des réseaux de solidarité, en dehors du système néolibéral et capitaliste, qui détruit les liens.”

Vincent, militant à Attac, confirme: “Une société solidaire se construit autour d’activités communes. Mais le temps qui est laissé aux retraités est de plus en plus grignoté.” Un peu en retrait, Benoît explique venir de La base de la rue Bichat [repaire de dix associations dont l’objectif est de mobiliser à la justice climatique et sociale, ndlr]. Il espère que cette initiative portera ses fruits et mise sur la poursuite de la grève parce que“c’est très écologique, ça permet de consommer beaucoup moins.”

Virginie Haffner

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