Les inspecteurs du travail protestent pour faire reconnaître la pénibilité au travail

Les participants illustrent la pénibilité des salariés avec des chiffres et des pancartes interactives. © Marion Esquerré

La réforme des retraites prévoit un âge pivot à 64 ans. Pour les inspecteurs du travail, la pénibilité de l’emploi n’est pas prise en compte dans ce projet de loi. Ils se rassemblent ce 19 décembre pour protester.

“La pénibilité fait que les gens ne sont pas, aujourd’hui, en capacité de travailler un jour de plus”, lance Sophie*, syndicaliste du ministère du Travail, “contrairement à ce que le gouvernement et ses alliés veulent nous faire croire”.

Alors que la réforme des retraites mobilise une grande partie de la France, les inspecteurs du travail, syndiqués ou non, ajoutent aujourd’hui leur parole à ce mouvement de lutte. Sur le parvis de la gare de Lyon, jeudi 19 décembre, ils sont mobilisés pour une action nommée “Pas un jour de plus”. Témoins chaque jour des effets du travail sur la santé des salariés, ils ont décidé de mettre un coup de projecteur sur la question de la pénibilité. Le 3 octobre dernier, Emmanuel Macron a affirmé ne pas “adorer” le mot “pénibilité” qui donne “le sentiment que le travail serait pénible”.

“Un risque de cancer du sein augmenté de 40 % pour les femmes qui travaillent de nuit.” © Marion Esquerré

Les inspecteurs du travail ne parlent pas uniquement des autres : ils sont là aussi pour eux-mêmes. Julien Boeldieu, secrétaire général de la CGT de l’inspection du travail, dénonce l’objectif que s’est fixé le gouvernement sur le nombre d’agents de contrôle qui passera de 1 pour 6 000 employés en 2006, à 1 pour 10 000 en 2022. De nombreuses suppressions de postes sont donc en cours, sans aucun recrutement prévu à l’ordre du jour. Ils affirment ne plus disposer des moyens nécessaires pour contrôler les conditions de travail en entreprise. “Osez prendre la parole, n’ayez pas honte de souffrir au travail”, poursuit Sophie, invitant les salariés à témoigner de leur souffrance. Autant de voix nécessaires pour se faire entendre et tenter d’empêcher la réforme.

* Le prénom a été changé

Célyne Mazières et Lise Lafaurie

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