Le collectif Inter-Hôpitaux: un organe de lutte exceptionnel et inédit pour sauver la santé publique

La manifestation des soignants de la fonction publique rassemblés autour du collectif CIH part de l'hôpital Lariboisière, le 17 décembre 2019. © Camille Nivollet

Né à la suite de la grève des urgentistes du printemps 2019, le CIH, collectif Inter-Hôpitaux, tisse ses liens sur le territoire national depuis la rentrée de septembre 2019, se coordonne et tente s’imposer dans les négociations contre la baisse de l’enveloppe des moyens publics.

À la fin du mois de mars dernier, des personnels para-médicaux des urgences entrent en grève. À Paris, les infirmiers et les aide-soignants des 25 services de l’APHP se connaissent bien. Ils communiquent par bouche à oreille et réseaux sociaux, et vont à la rencontre de leurs collègues nationaux, dans les services d’urgence de Saint-Malo, ou de Valence. Durant l’été, les médecins hospitaliers se joignent au mouvement via des organisations professionnelles, comme l’association des médecins urgentistes. Les soignants de la fonction publique se rassemblent.

Le 10 octobre a lieu la première assemblée générale du CIH. Elle réunit 400 soignants venus de corps de métiers différents. Chefs de service comme brancardiers se mobilisent dans le même collectif, pour demander un plan de sauvetage de l’hôpital public. Le 14 novembre, le CIH appelle à une grande manifestation nationale. Ses revendications sont claires : il demande un plan d’urgence pour l’hôpital public. Ouvert à tout personnel soignant de la fonction publique, le CIH est dirigé par un bureau dont sont membres des médecins et des paramédicaux.

“C’est la première fois depuis dix ans que je vois le syndicat des managers appeler à manifester”

Pour Florent Besse, 29 ans, infirmier en cardiologie à l’hôpital d’Annecy, et membre du CIH depuis le mois d’octobre, ‘’le CIH est une plateforme de revendication qui a l’avantage de respecter les sensibilités de chacun, et de regrouper différents groupes culturels. Il n’a pas vocation à perdurer, mais à faire aboutir les objectifs sanitaires attendus’’.

Anne Gervais, membre fondatrice du collectif est hépatologue à l’hôpital Bichat. Ce Mardi 17 décembre, lors de la manifestation pour sauver l’hôpital public, elle précise : “Quoi qu’en dise Madame Buzyn, ce n’est pas la faute des directeurs d’hôpitaux. C’est la première fois ces dix dernières années que je vois le syndicat des managers appeler à rejoindre la manifestation”.

Mardi soir, M. Besse a rencontré Agnès Buzyn, ministre de la Santé, pour réaffirmer des objectifs qui ne changent pas : revaloriser l’ONDAM (Objectif National des Dépenses de l’Assurance Maladie) en baisse relative de 4%, enrayer les fermetures de lits, et réévaluer les salaires. Peine perdue. La ministre n’a pas accédé aux demandes du CIH, qui continue sa mobilisation.

Maud Martin

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