Défendre le système de retraite par répartition: une passion française

Jeudi 19 décembre, nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle contre la reforme des retraites à Paris. © Juliette Pavy
Jeudi 19 décembre, nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle contre la reforme des retraites à Paris. © Juliette Pavy

Les réformes contre le système des retraites se sont succédé depuis le début des années 1990. Les mobilisations sociales aussi. À chaque fois, les grévistes ont manifesté pour conserver le système de retraites par répartition, instauré le 26 avril 1946 par le Conseil national de la Résistance.

En novembre 1995, Alain Juppé, alors Premier ministre, propose une réforme des régimes spéciaux pour les fonctionnaires et les agents du service public. Une grève massive paralyse le pays pendant vingt-deux jours. Le projet de loi est abandonné.

À l’hiver 2010, François Fillon, à la tête de l’exécutif, reporte l’âge de départ à la retraite de 60 ans à 62 ans. Une mobilisation massive dure dix-sept jours: la SNCF est à l’arrêt et plusieurs raffineries sont bloquées. Cela n’a pas suffit à faire reculer le gouvernement constitué par Nicolas Sarkozy.

Aujourd’hui, le gouvernement d’Édouard Philippe défend l’instauration d’un système de retraite universel par points, et souhaite abandonner complètement le système par répartition. Depuis le 5 décembre 2019, la grève générale en cours a déjà mobilisé plus de deux millions de personnes, soit déjà plus qu’en 1995. Si la mobilisation se poursuit encore d’une semaine, elle battra également un record de durée.

Isabelle Demoyen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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