Cohabitation difficile pendant les grèves pour les nouveaux usagers de deux-roues

Les accidents et les incivilités sur deux-roues se sont multipliés depuis le début des grèves contre la réforme Delevoye. Station Jaurès, Paris, le 19 décembre 2019. © Audrey Delaporte

Hausse des accidents en deux roues : les franciliens redoublent de vigilance.

 Jeudi 19 décembre, il est 13h : taxis, motos, voitures, vélos et trottinettes sont au coude-à-coude pour se frayer un chemin sur le rond point de la Bastille. Soudain, un homme en trottinette surgit en sens inverse de la circulation et emprunte le couloir de bus pour traverser le carrefour et se faufiler à travers l’embouteillage.

Avec la grève des transports en Île-de-France, le nombre de deux-roues en circulation multipliant les infractions aux codes de la route et les incidents a explosé. “Certaines trottinettes électriques roulent plus vite que les vélos, mais sont moins visibles”, commente Stéphane. Cela fait 20 ans qu’il se déplace à vélo, mais en ce moment il a peur en permanence d’entrer en collision avec les autres usagers. “Je porte un casque, je regarde dans tous les angles avant de m’engager mais j’ai beau faire très attention, tout le monde n’est pas aussi vigilant.” Certains usagers, particulièrement nerveux et fatigués par leurs trajets rendus compliqués à cause de la grève des transports en commun, adoptent une conduite à risques qui n’est pas sans conséquences. Depuis le début du conflit social, le nombre d’interventions des pompiers pour des accidents liés aux deux-roues a augmenté de 40%.

“Ce qui m’inquiète, c’est surtout de manquer de batterie”

“Lors de la première semaine de grève, j’ai eu un petit accrochage sur le périphérique. Rien de grave, mais une grosse frayeur. Depuis, je continue de me déplacer en scooter, mais j’ai investi dans des équipements de protection !” explique Emmanuelle. Cette trentenaire aux longues dreadlocks prend le temps d’enfiler tous ses vêtements renforcés, avant d’enfourcher sa Honda noire 125. Des équipements qui peuvent amortir les chocs, à commencer par le casque, pourtant souvent oublié par les usagers de trottinettes. Marie, qui est en train de garer la sienne justement, n’en porte pas. La vingtaine et les cheveux blonds, quand on l’interroge à ce sujet, elle répond que pour le moment, ce qui l’inquiète, c’est surtout de manquer de batterie. Elle a cependant hâte de reprendre le métro : “Les routes ne sont pas lisses, et les piétons comme les voitures peuvent surgir brusquement d’un côté comme de l’autre. J’essaie vraiment de limiter mes trajets en trottinette au minimum et dès que la grève sera terminée, je ne l’utiliserai plus !”

 

Aurélie Cerffond et Isabelle Gratien

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