Bertrand Durand, de la CGT Radio France, réagit à l’intervention de Sibyle Veil du lundi 16 décembre

Bertrand Durand (au centre) à l’assemblée générale des grévistes à Radio France le 16 décembre 2019. © Natalya Saprunova

A Radio France, 299 licenciements sont programmés. Lundi 16 décembre, Sibyle Veil, la présidente du groupe, a fait la tournée des radios maison pour s’expliquer. Depuis, la grève a été reconduite. Bertrand Durand, élu CGT du personnel, est un des plus anciens de la maison. Il réagit aux propos de sa présidente directrice-générale.

Dans le hall de Radio France, Bertrand Durand, élu CGT (Confédération générale du travail) et secrétaire du CSE (Comité social et économique) serre des mains et distribue des embrassades. La “Maison ronde” en est à son vingt-sixième jour de grève qui sera sans doute reconduite jusqu’à dimanche. L’intersyndicale a rendez-vous à 14H15 à la direction du travail à Aubervilliers.

Bertrand Durand est technicien son depuis 28 ans. Il a tout connu et travaillé avec les grands noms de la maison : de Macha Béranger à Daniel Mermet en passant par Jacques Chancel. Une certaine idée de la radio, que d’aucuns veulent enterrer. Car pour lui c’est bien sur ce point que le plan d’économie de Sibyle Veil va porter un coup fatal : “C’est une perte de sens et une mise à mort d’une certaine idée d’une radio de service public, déplore-t-il avant de rappeler le propos du général De Gaulle : à la radio fallait-il une maison ? oui ! c’est clair il me semble ?” En rendez-vous, Bertrand porte la même énergie qu’en assemblée générale : “C’est épidermique ! de par la sensibilité artistique d’une maison jalouse de son intégrité.”

La grève est un temps de réflexion

De la tournée des stations de la maison entreprise par la P.D.-G. lundi, prétendument pédagogique (ce qui provoque l’hilarité) et censée faire passer la nouvelle pilule des 299 suppressions de poste il dit : “Elle a déjà fait des grands raouts comme ça, à instiller son mantra. Tout en faisant peser une menace latente insupportable.” et de la citer : “Si les salariés n’acceptent pas, c’est qu’on n’a pas fait assez de pédagogie.” Il poursuit : “Ils ne s’attendaient pas à ce que la grève dure si longtemps, on reste sur la même ligne”. L’apport du mouvement social ? “La conscientisation d’une grande liberté : la grève est un temps de réflexion où la démocratie s’exprime ainsi qu’une solidarité avec les autres services publics”.
Bertrand parle d’humains qui se transforment et se révèlent, parfois à eux-mêmes : “Elle sert de révélateur aux personnalités. Certains n’auraient jamais cru qu’ils participeraient de cette manière. Le regard change d’autant.”

Pour lui ces revendications n’ont rien de passéistes : “Nous ne sommes pas contre les podcasts natifs, mais nous voulons les faire à la manière de Radio France”. Il se lève, attrape sa veste. “Nous nous battrons, la radio est loin d’être morte, nos 15 millions d’auditeurs nous le disent.”

Propos recueillis par Brigitte Jamois

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