Journée internationale des migrants: manifester pour la dignité avant de prétendre avoir droit à la retraite

En parallèle des manifestations contre la réforme Delevoye ; comme chaque année depuis 2000, les collectifs de sans-papiers ont défilé pour de meilleures conditions de vie lors de la journée internationale des migrants, le mercredi 18 décembre 2019. © Patricia Moribe

Les collectifs de sans-papiers franciliens ont manifesté le 18 décembre à l’occasion de la journée internationale des migrants-e-s. Cinq cents personnes ont battu le pavé de République à Gare du Nord derrière le mot d’ordre “Égaux ! Égales ! Personne n’est illégal !”

“Je suis en France depuis 2003 et je n’ai pas de papiers. Avant je travaillais, mais en ce moment je n’ai plus de boulot. Vous savez, il faut avoir des papiers pour travailler, pour se loger, ou tout simplement pour prétendre à une vie normale, comme tous les français” livre Amadou, 56 ans, membre de la Coordination des sans-papiers (CSP 75) du XIXe arrondissement.

 A 18h30, la place de la République se peuple petit à petit et commence à s’animer, le son de djembés remplit l’atmosphère et donne le top départ de la marche.

“Nous ne sommes ni déclarés, ni protégés par le droit du travail”

Dans le cortège, résonnent des slogans en espagnol. Salmon Abeso, président de la CORED (Coalition Restauratrice de l’État Démocratique) de la Guinée Équatoriale explique : “Nous sommes des exilés politiques. À terme, nous voulons rentrer au pays mais pour le moment, tous n’ont pas de papiers pour travailler : c’est ça le problème”, explique-t-il. “Nous nous sentons abandonnés“, renchérit Sandra, une militante, en espagnol.

Amadou regrette le faible nombre de manifestants par rapport à l’an dernier. Il souligne également la position particulière des sans-papiers dans le contexte de grève: “Je suis tout à fait d’accord avec les mobilisations pour défendre les retraites mais pour nous, ces jours-ci, sans transports, c’est compliqué. Nous sommes sous pression au boulot en permanence, parce que nous ne sommes ni déclarés, ni protégés par le droit du travail, et certains employeurs nous licencient si nous n’arrivons pas à l’heure”.

 Professeure à l’École des hautes études en sciences de l’information et de la communication (CELSA), Nöelle, 58 ans est venue pour soutenir les migrants. Elle est remontée : “Je suis révoltée par les politiques françaises et européennes à l’égard de ceux et celles qui sont obligés de s’exiler. Je trouve aussi qu’on aurait pu organiser une manifestation nationale, que le mouvement de grève contre la réforme des retraites converge avec la lutte des migrants. Le combat pour la dignité doit être l’affaire de tous”.

José Martinez Teruel

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