Réseau Salariat milite pour une retraite à 50 ans

Réseau Salariat mobilisé ce 17 décembre, pour défendre un départ en retraite à 50 ans. © Paul Lemaire

Alors que de nombreux secteurs se sont mobilisés le 17 décembre à Paris, pour s’opposer à la réforme des retraites, Réseau Salariat s’est radicalement démarqué. Cette association revendique un départ en retraite à… 50 ans.

“Le véritable âge pivot, c’est 50 ans !” Derrière la banderole rouge du “Réseau Salariat”, Benjamin est taquin. Au milieu des salariés défendant l’âge de départ en retraite à 60 ans, voire 62 ans, les militants de ce mouvement font contraste: ils proposent de “repenser tout le rapport au travail”, défendent le “salaire à vie” et la “souveraineté populaire sur l’économie”.

Parmi les fondateurs de l’association, on trouve l’économiste Bernard Friot, qui considère que “le système capitaliste actuel est une machine à créer de l’exclusion”. Cette association revendique une retraite à 50 ans, équivalente au meilleur salaire touché dans une carrière, à concurrence de 2 000 euros nets minimum et 5 000 euros nets maximum. La proposition a une double vocation: sécuriser le salaire de la personne et la définir comme un travailleur libre.

Pas une retraite mais un “travail libre”

Pourquoi 50 ans ? Entre deux tracts distribués, Benjamin explique que c’est un âge pivot dans la vie: les actifs ont, en général, fait le tour de leur métier et s’ennuient au travail. D’autres sont contraints de suivre des directives contraires à leurs valeurs pour pouvoir garder leur travail: contribuer de force à “produire de l’obsolescence programmée”, subir un management toxique.

“À 50 ans, les salariés en ont généralement marre de ne pas avoir prise sur ce qui est fait dans l’entreprise et à quel titre. Ce droit d’une retraite à 50 ans doit donc être assorti d’un statut de salarié protégé”, estime Benjamin. Sa situation financière sécurisée, la personne pourrait alors s’opposer à toute décision qu’elle estime contraire à son éthique professionnelle. Quant à ceux qui ne sont pas en poste, le salaire à vie à partir de 50 ans leur permettrait d’investir leurs savoir-faire et expérience au service de la collectivité, en accord avec leurs valeurs morales.

Contrairement à l’avis de la majorité des économistes (libéraux comme hétérodoxes), Arthur, activiste au Réseau Salariat, estime ce projet “réaliste financièrement” grâce au levier de l’augmentation du taux de cotisations sociales, qui ne progresse plus depuis 1979. Au passage, il souligne que ce rehaussement des cotisations permettrait également de s’acheminer vers le rééquilibrage entre les salaires des hommes et des femmes.

Tiphaine Cramet

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