Les cavistes parisiens en grande difficultés financières pour cette fin d’année

La clientèle des cavistes a faibli, notamment à cause des perturbations dans les transports. © Léonor Lumineau
La clientèle des cavistes a faibli, notamment à cause des perturbations dans les transports. © Léonor Lumineau

À la veille de Noël, les commerces de bouche subissent de plein fouet les conséquences économiques de la grève. Certains cavistes, au bord de la faillite, dénoncent l’accumulation des perturbations qui affectent leur activité depuis le début de la crise des Gilets jaunes.

La prolongation de la grève contre la réforme des retraites, à quelques jours des fêtes de fin d’année, a des conséquences dramatiques sur l’activité des commerces de bouche. Cette période cruciale leur permet d’habitude de réaliser jusqu’à 60 % de leur chiffre d’affaires du mois.

Pour Hervé Lethielleux, gérant de la cave L’Étiquette, rue Jean-du-Bellay (Paris IVe), “ la crise des Gilets jaunes qui dure depuis 2018 et les grèves de cette fin d’année ont impacté considérablement la stabilité de mon établissement”. Le caviste atteindrait aujourd’hui à peine l’équilibre financier. “C’est extrêmement compliqué pour moi en ce moment”, confie-t-il. Il pense même à vendre son commerce, mais craint de présenter “un bilan comptable aussi négatif à des repreneurs potentiels”.

Il n’est pas le seul à connaître de grandes difficultés financières. Le Conseil du commerce de France, association qui regroupe 31 fédérations professionnelles, annonce des baisses d’activité de 20 % en Ile-de-France, tous commerces confondus.

Des mesures d’aide annoncées par le gouvernement

La situation économique de Ganit Hirschberg, gérante de Cultures caves, rue du Château-d’Eau (Paris Xe), est également très préoccupante. “Mes résultats sont très insuffisants. Les grèves que nous connaissons en ce moment y sont pour beaucoup.”, se désole-t-elle.

Ganit Hirschberg a lancé “Cultures caves” en 2017. Elle y organise des soirées littéraires deux fois par mois. © Audrey Delaporte

C’est un coup dur pour tous les cavistes, qui réalisent en temps normal 14,2 % de leur chiffre d’affaires de l’année en décembre (source: INSEE / DGFIP, calculé sur le volume des ventes 2018).

Des mesures ont été annoncées le 11 décembre dernier par Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances. Elle évoque notamment “le report des échéances fiscales ou sociales, la possibilité de mettre en place du chômage partiel ou encore des dérogations pour ouvrir les prochains dimanches”.

José Martinez Teruel

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