Xavier Hareng, responsable CFDT: “Nous n’avons eu que quatre jours pour battre le rappel”

Xavier Hareng présent dans le cortège de la manifestation du 17 décembre 2019. © Elodie Lacombe

Les dernières annonces du Premier ministre ont poussé la CFDT à manifester ce mardi 17 décembre. Xavier Hareng, militant depuis 15 ans et responsable de la branche des prestataires de services, explique les raisons de cette mobilisation tardive.

Est-actu : La CFDT a décidé de rejoindre le front de la protestation ce mardi suite aux annonces gouvernementales du 11 décembre. Pourquoi ?

Xavier Hareng : La CFDT est vraiment en colère : la fixation d’un âge pivot à 64 ans par le gouvernement est une mesure injuste. Contrairement à d’autres organisations syndicales, la CFDT soutient l’idée d’une réforme systémique, mais refuse qu’un paramètre aussi important soit remis en cause. Si cette mesure venait à être abandonnée, un cadenas serait déverrouillé.

E-A : Avez-vous réussi à mobiliser vos militants en si peu de temps ?

XR : Nous n’avons eu que quatre jours pour battre le rappel, alors qu’il faut normalement une à deux semaines pour mobiliser toute l’organisation. Nous souhaitons que tout le monde vienne, mais je ne suis pas en mesure d’estimer le nombre de manifestants CFDT qui seront présents aujourd’hui. Dans la branche des prestataires de service du tertiaire, la mobilisation de salariés précaires (agents d’accueil, hôtesses) est particulièrement difficile. En revanche, les salariés d’une entreprise comme Orange seront davantage présents. Une partie d’entre eux ont encore le statut de fonctionnaires et le syndicat y est mieux implanté.

E-A : La CFDT met-elle en place des mesures spéciales pour inciter ses adhérents à manifester ?

XR : Nous disposons – ce qui n’est pas le cas des autres syndicats – d’une caisse nationale de grève créée en 1973 et alimentée depuis lors [qui atteint 126 millions d’euros, NDLR]. Elle pourra être mobilisée pour financer la journée de mardi, ainsi que d’éventuelles journées supplémentaires de mobilisation.

E-A : Laurent Berger avait durement critiqué la réforme de l’assurance chômage. La réaction de la CFDT s’explique-t-elle aussi par une série de déceptions concernant la méthode employée par le gouvernement en matière sociale ?

XR : En effet. Les promesses faites par Emmanuel Macron en matière de dialogue social ont déçu dès les ordonnances modifiant le droit du travail de 2017. À chaque réforme, le gouvernement met en place un cadre de concertation qui laisse entrevoir des marges de manœuvre, mais il a souvent préféré la décision unilatérale à la négociation.

Propos recueillis par Mathieu Laurent.

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