Réforme des retraites: le Pink Bloc marche contre la précarité des LGBTQIA+

Le comité de Libération et d'autonomie queer et le groupe "Art en grève" marchent dans le Pink Bloc contre la réforme des retraites. © Philémon Barbier

Le Pink Bloc, cortège formé par des manifestants membres de la communauté LGBTQIA+, a défilé ce mardi 17 décembre contre la réforme des retraites. Mobilisé depuis le début du mouvement, le cortège veut faire entendre sa voix concernant la précarité des personnes queer.

Devant le Cirque d’hiver, XIe arrondissement de Paris, la foule rit, s’apostrophe et lance quelques slogans en guise d’échauffement. À l’avant de l’enfilade des syndicats et leurs couleurs bien identifiables, les cortèges sont plus brouillons : travailleurs de la RATP, lycéens parisiens, étudiants et artistes se croisent et se mélangent. Parmi la foule enthousiaste, une banderole “tout cramer” montre un Winnie l’ourson à l’air peu amène. C’est là que se retrouve le Pink Bloc, pour la troisième manifestation depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites.

“On n’est pas forcément écoutés sur le sujet de la précarité”, Camille, organisateur du Pink Bloc

Le Pink Bloc aide les membres des communautés LGBTQIA+ à se sentir à l’aise en manifestation. © Philémon Barbier

Appelé par différents collectifs, ce cortège a vocation à rassembler grévistes et manifestants “trans-pédé-gouine-queer-intersexe”. L’enjeu : parler de la précarité de celles et ceux-ci face à la réforme. “Ce qui est important, parce qu’on n’est pas forcément écoutés sur ces sujets”, nous explique Camille, organisateur du Pink Bloc et membre du comité de Libération et d’autonomie queer. Il s’agit donc de donner de la visibilité à la précarité des personnes queer (terme anglais qualifiant l’ensemble des communautés LGBTQIA+) mais aussi de créer un espace dans la manifestation “pour que les personnes se sentent à l’aise dans leurs identités diverses”. D’après Camille, le Pink Bloc doit notamment aider à “désincruster les réflexes homophobes, transphobes, etc.” qui apparaissent encore, par exemple dans les moments de tension avec les forces de l’ordre, et de “proposer d’autres manières d’être présents”.

Faire évoluer les mentalités et les pratiques

“Art en grève”, un autre groupe créé pour se mobiliser contre la réforme des retraites, a également rejoint le Pink Bloc. Composé de différents collectifs d’artistes luttant contre les discriminations dans leurs domaines respectifs, “Art en grève” marche avec le Pink Bloc depuis le début du mouvement. Pour Pauline, danseuse et performeuse lesbienne, membre du collectif la Permanence, il s’agit désormais de converger “à chaque fois au maximum” pour “ne pas rester qu’entre artistes”. Et de pouvoir conjuguer différentes identités : “Moi je suis artiste, mais je suis aussi féministe, lesbienne et queer.” Se retrouver, donc, et créer un mouvement dans le mouvement, à même d’y faire évoluer les mentalités et les pratiques.

Juliette Rousseau

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*