Manifestations: le secteur de la serrurerie dynamisé par la protection des vitrines

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Place de la Nation, Paris. La Société générale protège ses distributeurs depuis le début des manifestations contre la réforme des retraites. © Paloma Laudet

À la veille des manifestations contre la réforme des retraites, les agences bancaires sur le parcours des cortèges font appel à des entreprises de serrurerie pour protéger leurs vitrines, en vue d’éventuelles dégradations.

Sur le trottoir du 39 boulevard Diderot, plusieurs hommes s’affairent autour de la vitrine de la Banque populaire. Ils placent de grandes plaques de bois contre les façades vitrées. La manœuvre est rapide et exécutée avec maîtrise. Les plaques, de taille aléatoire, sont vissées entre elles avec les moyens du bord. Portes vitrées et distributeurs automatiques de billets n’y échappent pas : toute la devanture est recouverte. Entre deux blagues, Monsieur Femi explique : “Il y a beaucoup de travail avec les manifestations en ce moment ! L’entreprise enchaîne les contrats de sous-traitance.” La cinquantaine, il confie avec humilité, qu’il est maintenant chef d’équipe après avoir exercé plusieurs années comme ouvrier dans son entreprise.

Boulevard Diderot, les employés de la société Celeritas placent des planches devant les vitrines de la Banque populaire. © Paloma Laudet

Les six hommes qui s’activent ici pour tenir les délais travaillent pour Celeritas, société spécialisée en serrurerie dans le XIe arrondissement. Un des employés explique que la protection des vitrines est devenue une grande part de l’activité : “On fait toutes les enseignes des Banques populaires de la rue, et on fait ça à chaque fois que ça manifeste.”

Une fois les vitrines de l’enseigne recouvertes de bois, tout le monde remonte vite dans les camionnettes blanches : le prochain arrêt est à l’angle de la rue Reuilly. Hamidou se fraye un passage dans le rush de la foule parisienne pour sortir le matériel : “Je suis en intérim depuis un an. J’ai cherché du travail un peu partout. Les manifestations font bosser dur depuis quelques temps, ça me va !” Chaque veille de mobilisation, le schéma se répète. En vitesse, Hamidou rejoint ses collègues pour fixer les plaques de bois : “Mercredi on reviendra pour tout enlever, et ça recommencera pour la prochaine manifestation. On n’arrête pas en ce moment !”

Alexis Carer

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