La CFDT redescend dans la rue, la base se demande jusqu’à quand

Paris le 17 décembre 2019. Rassemblements place de la république. © Elodie Lacombe

La CFDT est souvent absente des grands mouvements de grève depuis que Laurent Berger en a pris la tête. Elle revient dans les manifestations et la base semble déterminée.

Le sujet de la trêve de Noël n’a pas encore été tranché”, explique Isabelle Cayla, secrétaire générale du syndicat CFDT Télécoms-Prestataires de services, peu avant la prise de parole de Laurent Berger sur la place de la République. En dehors de la manifestation unitaire de la fonction publique en mai 2018, les militants cédétistes n’étaient pas revenus dans la rue depuis 2010 et sont partagés sur les suites du mouvement.

La couleur orange est revenue dans les cortèges © Elodie Lacombe

La tonalité d’une partie des discours de la base militante est radicale, reflétant un agacement accumulé face à un “vrai malaise général: on fait encore partie de la classe moyenne, mais on est déjà dans la merde, je ne paie plus de vacances à mes filles depuis deux ans”, lance Jean-François, 47 ans et membre de la fédération de la métallurgie, souvent critique envers une ligne nationale jugée “tiède”. Blandine, 55 ans, travaille dans la production audiovisuelle et manifeste aux côtés de sa fille Sophie, doctorante en droit de 26 ans: toutes deux se prononcent en faveur d’une prolongation du mouvement, Blandine se disant même “proche des positions de la CGT”.

Les militants sont partagés entre respecter une trêve pendant les fêtes de fin d’année ou continuer. © Elodie Lacombe

D’autres professions sont présentes, dont Frédéric, représentant remonté du personnel navigant d’Air France: “Avec zéro garantie du gouvernement, il est évident qu’on se joindra à toutes les dates. Hors de question de s’arrêter pour les fêtes: une grève qui ne contrarie personne, ça ne sert à rien !”. Même son de cloche chez Gaëtan, conducteur de trains de fret dans le Nord: “Si on s’arrête à Noël, on aura du mal à relancer le mouvement”, affirme-t-il.

Un argument partagé par plusieurs militants, même si certains soulignent la nécessité de “ne pas ignorer les difficultés de nos concitoyens”, concède Dembelé, qui travaille dans le secteur de la sécurité et qui se dit autant préoccupé par l’âge-pivot que par la pénibilité, “particulièrement sensible dans notre secteur”.

Pour Dembélé le message est clair, mais faut-il pour autant poursuivre le mouvement pendant la trêve de noël ? © Elodie Lacombe

Astrid, qui n’est plus qu’à trois ans de la retraite, plaide pour sa part pour une trêve “d’au moins une semaine, le temps de se retrouver en famille avant de se remobiliser en janvier”. Au-delà du débat sur les fêtes, les militants CFDT attendent des gestes fermes et poursuivront le mouvement si le gouvernement ne bouge pas.

Mathieu Laurent

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