Retards au travail pendant les grèves: quels sont mes droits ?

Le 16 décembre, place de la Bastille, les Parisiens rentrent du travail à pied ou en vélo. © Juliette Pavy

Lignes de métro à l’arrêt, trains trop rares, quais bondés, arriver à l’heure au boulot relève aujourd’hui de la mission impossible. Voici quelques précisions pour éviter le clash avec votre hiérarchie.

Ma hiérarchie peut-elle me sanctionner en cas de retards ou d’absences répétées durant les grèves ?

Non, si vous l’informez à l’avance par e-mail ou par SMS. En revanche, chaque journée de travail manquée sera déduite du salaire mensuel. Pensez également à conserver une preuve de l’indisponibilité des transports en commun pour chaque journée d’absence : capture d’écran du bulletin d’information de RATP, photo de votre gare fermée ou du panneau des départs et des arrivées des trains.

Ma hiérarchie peut-elle m’imposer une période de congés payés ou sans solde pendant les grèves ?

C’est l’employeur qui a la décision finale sur les dates de congés de ses employés. Ces derniers doivent le prévenir un mois à l’avance, délai qui peut évoluer suivant les conventions collectives de l’entreprise ou du secteur. En revanche, l’employeur ne peut pas imposer de congés sans solde à ses salariés. Si l’activité de l’entreprise est très impactée, il peut la fermer temporairement et mettre ses employés au chômage technique.

Le temps de trajet rallongé du fait de la grève peut-il être comptabilisé comme du temps de travail ?

Le temps de trajet pour se rendre à son lieu de travail n’est pas considéré comme du temps de travail. Néanmoins, l’article 3121-4 du code du travail induit deux contreparties pour les salariés : “S’il dépasse le temps normal de trajet entre le domicile et le lieu habituel de travail, il fait l’objet d’une contrepartie soit sous forme de repos, soit sous forme financière. La part de ce temps de déplacement professionnel coïncidant avec l’horaire de travail n’entraîne aucune perte de salaire.

Ma hiérarchie doit-elle me rembourser mes frais de VTC ou de taxi en cas de blocage des transports ?

Contrairement à l’essence ou au Pass Navigo, l’utilisation d’un taxi ou d’un VTC ne rentre pas dans le cadre de la prise en charge des frais de transport par l’employeur. Sauf accord de ce dernier (qu’il vaut mieux conserver par écrit), un trajet en Uber sera donc à payer de votre poche.

Jules Rondeau

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