À Montreuil et Bagnolet, des banquets populaires pour soutenir les grévistes

Depuis le début de la grève contre la réforme du système de retraite, les initiatives se multiplient afin d’aider financièrement les grévistes. Ici, le 5 décembre 2019, une caisse de grève circule dans une manifestation à Paris. © Marion Esquerré

En soutien aux grévistes, des banquets populaires ont été organisés les 13 et 14 décembre derniers. Grâce à des buffets et spectacles, plus de 2 000 euros ont été récoltés.

“Aujourd’hui, l’argent ira aux profs, car ils ont tout organisé”, explique Justin, professeur d’EPS au collège Georges Politzer de Bagnolet, tout en servant des croque-monsieur proposés à prix libre. Organisé au théâtre L’échangeur par le collectif Éducation Montreuil-Bagnolet, le banquet populaire du 13 décembre doit permettre d’alimenter la caisse de grève. En deux parties : les recettes du buffet d’une part, celles du spectacle prévu après les prises de parole de grévistes d’autre part. “On reversera l’intégralité de la billetterie à la caisse de grève”, s’engage Régis, directeur du théâtre.

Au total, 150 personnes sont présentes, dont des grévistes de la RATP, des gilets jaunes et des parents d’élèves. Des élus sont également venus en appui : “J’ai déjà apporté une aide financière personnelle aux grévistes, mais je vais aussi porter une proposition au prochain conseil afin que la municipalité abonde la caisse de grève”, annonce Laurent Jamet, conseiller municipal Parti communiste français de Bagnolet.

Différents types de collectes

“La douloureuse sera pour janvier”, prévoit Michel, membre de l’Union locale CGT et représentant des chauffeurs de bus grévistes. Ceux-ci perdent 90 à 130 euros par jour et les cotisations ne peuvent pas couvrir l’ensemble des frais. La location de cars pour les manifestations des 5 et 10 décembre a déjà coûté 700 et 900 euros. Pour parer au plus urgent, les conducteurs ont retenu la formule de la collecte alimentaire : “Une caisse financière est toujours difficile à gérer et à sécuriser”, précise le syndicaliste. Du côté des conducteurs de métro, une “collecte logistique” est en place depuis le mois de septembre, à raison de 10 euros par salarié et par mois. “Les petits déjeuners sont financés à l’aise”, affirme Alex, également membre de la CGT.

À l’issue du banquet, 500 euros ont été récoltés pour les professeurs grévistes. Sans compter la recette du spectacle, dont la distribution sera “discutée avec l’assemblée générale interprofessionnelle, selon les urgences”, précise Régis. Samedi 14, un banquet similaire organisé à Montreuil a permis de recueillir
1­ 700 euros : “Une partie ira à la caisse de grève dédiée au personnel de l’éducation nationale, une autre au comité interprofessionnel regroupant la RATP, les gilets jaunes et les hospitaliers”, explique Justin. Il conclut, enthousiaste : “Finalement, la lutte paye !”. L’assemblée générale interprofessionnelle a déjà prévu une cantine de soutien à la grève le 18 décembre à Montreuil.

Mathieu Laurent

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