Les activités de microcrédit des femmes d’Afrique de l’ouest

   Welcome in West Africa, où dans certains quartiers, beaucoup de foyers vivent enclavés, dans la pauvreté, coupés du système bancaire et connaissant un monde que précaire.

Ces personnes sans ressources, souvent analphabètes, parfois déscolarisées n’ont que peu de revenus.


 

Le microcrédit, invention de Monsieur Muhammad Yunus (il y a une trentaine d’année) qui lui a valu son prix Nobel il y a maintenant 12 ans, est justement destiné aux personnes disposant de faibles revenus et constitue, comme son nom l’indique, d’un prêt au faible montant.

Les personnes ciblées sont celles exclues de tout système bancaire qui ne peuvent fournir de garanties, et qui ont une faible capacité de remboursement.

Voilà les raisons pour lesquelles cette activité est présente partout mais surtout dans les Pays En Développement.

 

Les femmes au cœur de l’activité

En Afrique, l’activité de microcrédit est toute particulière car les structures le pratiquant est majoritairement destiné aux femmes. Celles-ci en constitueraient même le poumon.                   En effet, elles ont une plus grande propension à former un groupe : comme à Emmaüs Pahou par exemple où une caution solidaire est constituée par 3 femmes (une présidente, une secrétaire et une trésorière).

De plus, ce sont elles qui s’occupent de l’éducation des enfants et qui bien souvent doivent assurer leur scolarité, leur repas, leur santé. Il est donc assez logique que ce soit elles qui demandent à avoir/ont besoin d’un micro prêt pour elles-mêmes et pour leur progéniture souvent nombreuse.

En Afrique, une pratique est également très développée et est l’ancêtre même du microcrédit, il s’agit de la tontine : les femmes forment un groupe (de 10 personnes par exemple) et cotisent afin de verser chaque jour une petite somme qui chaque semaine reviendra à chacune d’entre elles. Elles continuent ainsi jusqu’à ce que toutes les femmes aient reçu leur « part ».

Celles-ci apprennent alors à épargner et à cotiser et sont prêtes à emprunter des micro-prêts dans les institutions qui le proposent.

Au sein des associations Emmaüs d’Afrique, et spécialement celles du Bénin, que je commence à bien connaître, les microcrédits se font sur un échéancier de 6 mois pour des sommes allant de 30 000 à 300 000 francs CFA (de 45 euros à 457 euros et des bananes).       Le taux d’intérêt pratiqué est associatif et donc faible, il permet aux femmes de ne pas être en impayé et de pouvoir être capable de se charger du remboursement.

Mon enquête auprès des responsables du microcrédit au sein des association Emmaüs m’a permis de constater que l’accès au microcrédit est différent d’une association à une autre.       Il n’y a pas de stratégie de mutualisation de l’activité, du moins pour l’instant.                                En règle générale, il ne faut pas poser trop de conditions ou demander moult papiers à fournir car petit problème éthique s’imposant : les femmes les plus nécessiteuses sont bien trop souvent celles n’en ayant pas.

Ces femmes contractant un petit prêt reçoivent une formation au sujet de l’engagement mutuel que cela implique. Elles deviennent alors plus autonomes, les hommes de leur entourage auront tendance à mieux les considérer, elles seront également plus rigoureuses dans leurs dépenses et auront gagné un fort esprit d’équipe (dans le cas où elles ne sont pas défaillantes).

 

Les femmes empruntant travaillent majoritairement dans la vente commerciale (de légumes, de fruits, de bijoux, de divers, etc.)

 

Limites et pièges des pratiques du microcrédit

Suite à cet échantillon d’informations récolté auprès des bénéficiaires, nous pouvons davantage comprendre l’enjeu d’une telle pratique sur le continent africain. Mais la difficile et sempiternelle question reste celle du taux à adopter : il faut pouvoir cibler les plus pauvres avec un taux « riquiqui » tout en pensant à couvrir les frais de la structure délivrant les crédits… Là est toute la réflexion de la pérennité des structures et du ciblage initial des bénéficiaires.

Les notions de solidarité, de justice sociale et d’aide auprès des plus pauvres ne doit pas être écartées dans les réflexions et les pratiques de ces institutions (associatives ou non).

Il faut savoir également que malgré les améliorations connues de ces pratiques sur le niveau de vie de ses femmes, sur leur expression orale (elles apprennent à parler en public), sur leur moral, leurs relations, leur mobilité, leurs connaissances comptables ou encore sur leur sens des affaires, etc. ; les impacts restent parfois difficiles à calculer et à constater notamment sur la pauvreté. Effectivement, il n’est pas aisé de savoir si le microcrédit a permis le développement (économique) du territoire où les microcrédits sont octroyés… Les indicateurs sont manquants et la pêche aux informations témoigne d’une grande complexité.

En clair, il faut solidifier ces pratiques, les renforcer et ne pas tomber dans le piège en se conformant aux taux pratiqués par les instituts ne ciblant pas les plus démunis.

Ces pratiques ont un réel potentiel et un avenir sur le continent qu’est l’Afrique et ce ne sont probablement pas les responsables des groupes Emmaüs locaux, ayant une certaine visibilité de la demande et du besoin de la population, qui vont énoncer une objection.

Moi-même en train de naviguer au cœur du marché de Togba

 

 →  Pour aller plus loin, je vous invite à la consultation de ces quelques pages :

 

http://www.slateafrique.com/96937/remettre-les-clients-au-coeur-de-la-microfinance*

http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/ao%C3%BBt-2011/la-microfinance-peut-elle-aider-le-d%C3%A9veloppement-en-afrique

 

 

 

 

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