L’AMAR, un lieu de rencontres qui brise les frontières entre habitant-e-s d’une même ville

Comme le relate le rapport d’activités 2017, L’AMAR – Lieu Autogéré Multiculturel d’Accueil et de Rencontres – vise à « pallier, de manière simple et humaine, à plusieurs problèmes rencontrés par les personnes migrantes en raison des pratiques institutionnelles et politiques actuelles. Le projet répond, à son échelle et avec ses capacités, au problème de la marginalisation de la population migrante. L’AMAR propose un espace d’expression libre offrant aux personnes migrantes dans le canton de Neuchâtel la possibilité d’élargir leur réseau, de participer à divers ateliers et de partager leurs savoirs à travers la mise en place d’activités. »[2]

Historique de la création de L’AMAR

Né d’une volonté citoyenne en février 2016, L’AMAR avait tout d’abord occupé un bâtiment à la rue de la Main – avant de s’en faire déloger. L’association eu alors une période nomade au cours de laquelle elle n’avait pas accès à de locaux fixes. Puis, elle eu accès à une caravane aux Jeunes-Rives entre juillet et octobre 2016, avant de pouvoir s’installer à la Coudre, au sein des anciennes salles de classe du collège du Crêt-du-Chêne. Ceci permis à l’association d’organiser ses activités au sein de ces locaux jusqu’à ce jour. Or, le bail va se terminer à la fin du mois de juin – L’AMAR devra alors déménager à nouveau…[3] Le prochain lieu devant encore être confirmé.

Reportage de Canal Alpha : L’AMAR de nouveau à la rue

Deux ans d’échanges et de rencontres dans le cadre d’un fonctionnement autogéré

Le 12 mai passé, L’AMAR a fêté son anniversaire : deux ans durant lesquels les habitant-e-s de Neuchâtel provenant d’horizons divers – peu importe leur statut légal ou leur parcours – ont organisé diverses activités culturelles : repas populaires les mercredis soir, cours de français et d’arabe, sorties et excursions, entraînement de sports et tournois, projections de films, jeux de société, ateliers de danse, de théâtre et de jonglage, …[4]

La fête de L’AMAR s’est déroulée le samedi toute la journée en ville, devant la fontaine de la justice : un stand de nourriture à prix libre a été organisé, un atelier de henné, un concert d’oud. Ce fut l’occasion de présenter L’AMAR aux passants.

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Photos de Mélanie Baierlé sur la page Facebook de L’AMAR

Le magasin gratuit de L’AMAR

Un autre projet central organisé dans les locaux de L’AMAR est le magasin gratuit, permettant aux objets d’avoir une deuxième vie, et aux habitant-e-s de la ville d’apporter / de ramener chez soi des habits, livres ou jeux.[5]

La RTS en a fait un magnifique petit reportage : Magasin gratuit – Reportage de la RTS

En conclusions…

L’AMAR, ce lieu autogéré unique visant à casser les frontières symboliques et matérielles et permettant ainsi de réunir les habitant-e-s de Neuchâtel, est à nouveau contraint de déménager. Mais les personnes actives dans l’association ne se découragent pas et vont continuer à tout faire pour maintenir leur précieux espace de rencontres – au sein duquel les compétences de chacun-e-s sont valorisées. Dans le contexte actuel, les citoyen-ne-s (terme compris dans son sens large) de tout horizons doivent sans cesse redoubler d’énergie pour refuser la ségrégation spatiale qui cherche à s’imposer au sein de nos sociétés. Il s’agit de ne pas se résigner, mais de bâtir jour après jour un vivre-ensemble inclusif et une société de droits.

[1] https://www.lamarneuch.ch/wp-content/uploads/2018/02/Rapport-dactivit%C3%A9s-LAmar-2017_version-finale.pdf

[2] Ibid

[3] https://www.rtn.ch/rtn/Actualite/Region/20180512-Une-solution-pour-loger-l-Amar.html

[4] https://www.lamarneuch.ch/wp-content/uploads/2018/02/Rapport-dactivit%C3%A9s-LAmar-2017_version-finale.pdf

[5] https://www.lamarneuch.ch/wp-content/uploads/2018/05/LEXP_00_2311_011.pdf

Gladys, 25 ans, nous vient tout droit de Neuchâtel en Suisse, c’est d’ailleurs là bas qu’elle partira avec L’AMAR (lieu autogéré multiculturel d’accueil et de rencontres). Elle y étudiera les ressorts des mobilisations et des luttes pour les droits dans le contexte migratoire en Suisse et fera le lien avec le contexte des travailleur.se.s migrant.e.s saisonnier.e.s dans l’agriculture. Passionnée de sociologie et d’anthropologie, elle a cependant étudié les sciences politiques. Portant un intérêt profond pour les questions de mobilité humaine et de mobilisations, cette mission qui la réjouit s’inscrit dans une réelle démarche personnelle. Elle est par ailleurs fascinée par la langue arabe qu’elle apprend avec plaisir.

Anecdote : si vous le pouvez, offrez-lui du chocolat suisse ou belge, mais pas français désolée.

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