Entre nous pas de frontières

En ce samedi 16 juin 2018, jour de la fête des réfugié-e-s, une délégation de L’AMAR s’est rendue dans la capitale pour la manifestation Entre nous pas de frontières. 

Organisé par Solidarité sans frontières, cet événement a réuni le soutien d’un large ensemble d’associations actives dans le domaine de la migration en Suisse. C’est ainsi que plus de 4000 personnes de tous horizons se sont rassemblées à Berne pour exprimer leur désaccord quant aux politiques migratoires nationale et européenne, ainsi que pour réclamer une société inclusive et le respect des droits humains.

Les revendications étaient les suivantes :

  • STOP à l’exclusion, aux centres de détention et aux renvois forcés – OUI à la liberté de mouvement
  • STOP aux sanctions, aux lieux d’hébergement qui ressemblent à des prisons – OUI à des lieux de vie ouverts et proches de la population
  • STOP à la répression et au harcèlement policier– OUI à la régularisation des sans-papiers
  • STOP aux renvois Dublin – OUI à un véritable droit à l’asile en Suisse et en Europe
  • STOP aux politiques d’austérité – OUI à une vie digne pour toutes et tous, STOP au pillage des pays du Sud
  • STOP à la criminalisation de la solidarité – OUI à une société ouverte, engagée et courageuse.

Comme le mentionne Solidarité sans frontière au sein de son bulletin du mois de juin, la situation en Suisse est loin d’être idéelle, et le phénomène des « citoyens de seconde zone » bien présent :

C’est une idéologie violente, qui se nomme
racisme, qui amène à penser que naître quelque part
donne des droits particuliers sur celles et ceux qui
sont nées ailleurs, et sur leurs descendant·e·s. Et
cette idéologie est structurelle: elle prend racine au
sein même de la Constitution et des lois qui qui en
découlent, comme par exemple la loi sur les étrangers
qui légitime l’incarcération en masse des personnes
n’étant pas de nationalité suisse. Le racisme est aussi
systématique dans les institutions policières; ce n’est
certainement pas un hasard si les cinq personnes
mortes durant des interventions policières depuis
novembre 2016 ne sont pas blanches. Le racisme
s’enracine, se diffuse et se renouvèle dans l’espace
public, où les affiches de l’UDC ne cessent de produire
des imaginaires humiliants pour, par exemple,
les personnes afro-descendantes ou musulmanes.

Les membres de L’AMAR ont ainsi joint leur voix à celles des milliers d’autres manifestant-e-s pour réclamer une politique migratoire humaine. Si les frontières (matérielles, symboliques, juridiques, etc.) ont pour fonction de discriminer entre ceux/celles qui ont des droits et les autres – parfois dépouillés de jusqu’à leur humanité ; alors il s’agit de lutter pour leur dépassement. Entre nous pas de frontières.

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Gladys, 25 ans, nous vient tout droit de Neuchâtel en Suisse, c’est d’ailleurs là bas qu’elle partira avec L’AMAR (lieu autogéré multiculturel d’accueil et de rencontres). Elle y étudiera les ressorts des mobilisations et des luttes pour les droits dans le contexte migratoire en Suisse et fera le lien avec le contexte des travailleur.se.s migrant.e.s saisonnier.e.s dans l’agriculture. Passionnée de sociologie et d’anthropologie, elle a étudié les sciences politiques à Lausanne puis fait un Master interdisciplinaire en études du développement au Graduate Institute. Portant un intérêt profond pour les questions de mobilité humaine et de mobilisations, cette mission qui la réjouit s’inscrit dans une réelle démarche personnelle. Elle est par ailleurs fascinée par la langue arabe qu’elle apprend avec plaisir.

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