Brève #1 : Les permanences au MRAP

Première semaine au MRAP, premières permanences.

En l’espace de quatre demi-journées passées dans les locaux du MRAP de Rennes, j’ai rencontré énormément de personnes.
Les motifs de venues sont divers, pour la plupart il s’agit de préparer un rendez-vous à la Préfecture : avoir un dossier bien rangé, bien aligné, avec les 25 (sans exagérer) documents qu’il faut, dans le bon ordre…

Mais une tendance se dégage.

Alors que le premier décembre, c’est demain.
Alors que le thermomètre affiche -1°C la nuit.
Alors qu’on ne compte plus les logements vides à Rennes.

Une visite sur trois, c’est une personne à la rue.

Lorsqu’on voit ce genre d’informations dans les journaux, à la télé, ou même qu’un pote vous le dit… Vous êtes ému.e, vous vous sentez indigné.e, vous vous demandez ce qui ne tourne pas rond dans ce pays.

Mais lorsqu’on est face à la personne qui vous dit :

« On dort dans une voiture depuis une semaine »

« Ma fille de quatre ans tousse beaucoup, elle a froid la nuit »

« Je ne sais pas comment faire avec mon bébé né en septembre… »

La première chose qui vient, c’est le désemparement.

C’est un sentiment de culpabilité qui vous vient quand vous vous couchez le soir dans votre lit, au chaud, à l’abri, tandis qu’ils et elles sont des dizaines, voire des centaines, dehors, au mieux dans une voiture.

 

Le minimum qu’on puisse faire, c’est s’engager pour qu’ils et elles ne passent pas l’hiver dehors.
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