« Ankerzen … Si j’peux pas dire ce mot, c’est qu’il ne devrait pas exister »

Hier c’était le 20 juin et c’était aussi la journée mondiale pour les réfugiés. A cette occasion, le collectif Contre le racisme solidarité (CORASOL) organisait avec d’autres groupes d’activistes dont Borderline Europe et Familienleben für Alle une manifestation à Berlin devant le Bundestag pour protester contre les nouvelles lois et projets de lois migratoires du nouveau gouvernement allemand.

Une centaine de personnes s’est rassemblée sur la place de la République faisant face au Parlement pour écouter les discours que les exilés ont souhaité adresser aux députés et autres décideurs du pays.

Trois grands sujets étaient dénoncés :

– les Ankerzentren, qui visent à isoler les exilés du reste de la société en les internant dans un même centre pendant toute la procédure d’asile (lire mon article pour en savoir plus),

– la loi venant d’être votée qui restreint le regroupement familial à 1000 personnes par mois, et limitation à la famille nucléaire (enfants, ou parents pour les enfants mineurs).

– le contexte général d’une dérive vers l’extrême droite du discours politique

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Il faut dire que ces temps-ci, il ne fait pas bon lire les journaux. L’UE se défile face à ses responsabilités alors que chaque jour des personnes meurent en mer, et l’on refuse à ceux qui sont sauvés d’accoster dans un port sûr (article de Camille sur l’Aquarius). En Hongrie vient d’être votée une loi qui interdit aux ONGs de venir en aide aux personnes migrantes. En Allemagne, l’aile droite de la coalition au gouvernement a sommé la chancelière Angela Merkel de trouver une solution européenne au « problème migratoire » et le ministre de l’intérieur M. Seehofer menace d’organiser directement aux frontières du pays le renvoi immédiat des exilés ayant déposé leurs empreintes digitales dans un autre pays – les dublinés (petit résumé ici). Alors que le conseil européen doit se réunir vendredi prochain à ce sujet, son président Donald Tusk a suggéré comme solution d’ouvrir des centres de traitement des demandes d’asile en Afrique du nord. Cette proposition est au gout du chancelier autrichien, qui travaille déja avec d’autres pays européens à l’ouverture de camps similaires dans les Balkans (en savoir plus). Une rencontre informelle organisée par la Commission européenne doit réunir une dizaine de dirigeants – français, allemand, italien, grec, maltais, espagnol, autrichien, bulgare, belge et néerlandais – ce dimanche également : au programme, chercher à accélérer les procédures Dublin (en savoir plus).

Face à ces manigances politiques qui asphyxient aussi bien les exilés que les associations qui essayent de leur venir en aide, il était fondamental de donner la parole aux premiers concernés : celles et ceux qui pour une raison ou pour une autre ont décidé de quitter leur pays et qui luttent pour pouvoir vivre dignement ailleurs.

Prendre la parole, mais aussi diffuser l’information. Car il est important pour celui qui vient d’arriver de ne pas rester seul. Pour préparer la manifestation, CORASOL et Borderline Europe organisaient un atelier samedi dernier à destination des exilés, avec des groupes de travail sur différentes thématiques, notamment quelles stratégies pour aller plus loin, et comment lutter contre sa propre expulsion. Une cinquantaine de participants a pris part aux échanges et aux débats. Avec la conclusion qu’ensemble nous sommes plus forts.

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Aude a 24 ans et elle vient de Paris où elle a fait un master de relations internationales. Elle part à Berlin avec Migreurop pour travailler sur l’évolution de la politique migratoire en Allemagne avec Borderline Europe.

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