RATP : Face à la menace de la concurrence privée, la CGT mobilise la résistance

  • Auteur/autrice de la publication :
  • Post category:Social

Des machinistes et des syndicats de la RATP étaient rassemblés jeudi 17 décembre devant le dépôt bus de Belliard (Paris, 18e) pour protester contre le projet du cadre social territorialisé (CST). Une réforme qui selon eux impacterait les conditions de travail.

Des drapeaux CGT brandis en l’air, des grillades, de la bière et des agents de la RATP qui s’adonnent à la danse de rue. Derrière cette ambiance festive se cache le combat de tout un secteur d’activité. Le projet CST de la RATP s’apprête à « achever un métier déjà à terre », assure Wassim, 38 ans, machiniste à la RATP depuis dix ans. Le cadre social territorialisé vise à modifier par décret les conditions de travail et les salaires des fonctionnaires. Son objectif assumé est de favoriser la concurrence des lignes des bus.

La mise en place du CST est prévue pour le 1er janvier 2025. Ce nouveau cadre sera défini par le Conseil d’État et portera sur la durée hebdomadaire de travail et le nombre de jours de repos. La RATP n’aura plus le monopole de l’exploitation de ses lignes de bus. Certains dépôts de bus continueront d’être gérés par la RATP quand d’autres le seront par des filiales privées. Les agents affectés dans les dépôts exploités par des sociétés privées auront l’obligation de suivre le cadre d’emploi du fait de la continuité du service.

Malgré la menace, peu d’agents se mobilisent

 En octobre dernier, un appel à la grève avait été lancé par les syndicats de la RATP. Mais en raison de la crise sanitaire, il avait été repoussé. Cette grève est pourtant « nécessaire » et vise à montrer « notre opposition face à cette cohabitation absurde avec la concurrence privée », dit le porte-parole de la CGT Aubervilliers, Wael MEJRISSI. « Moins trois jours de congés annuels, moins sept jours de RTT et une heure de travail en plus », explique-t-il. Qu’arrivera-t-il lorsqu’un chauffeur de bus n’atteindra pas le rendement attendu par les sociétés privées ? « Il sera mis au placard », assure le syndicaliste.

Pourtant, la manifestation qui a eu lieu au dépôt de bus de Belliard n’a réuni que quelques dizaines de manifestants. Chez certains salariés, la conscience professionnelle et le besoin d’assurer leurs revenus prime. « J’ai un crédit immobilier, j’ai besoin de me rendre au boulot. Et je ne peux pas laisser tomber les voyageurs qui comptent sur moi pour aller travailler », explique Erkan, 39 ans, conducteur de bus.

Fanta Kebe (texte)

Ségolène Ragu (photo)