Départs en vacances : à la gare de Lyon, les voyageurs partagés entre inquiétude et excitation

Bientôt Noël ! Les Français seront presque aussi nombreux que l’année dernière à prendre le train. Les voyageurs en partance de la gare de Lyon ont hâte de retrouver leurs proches, mais, trois jours après le déconfinement, ils restent vigilants.

« Je n’ai pas trop le temps de vous parler », lance Marie, 31 ans, qui voyage avec sa sœur et son cocker. « On vit à Paris. On retourne en Avignon voir la famille. Le train part dans cinq minutes. » Comme elles, de nombreux voyageurs s’apprêtent à quitter la capitale pour retrouver leurs proches. Dans le hall 1 de la gare de Lyon, les voyageurs ne se bousculent pas encore à midi. Les places assises se font rares mais la circulation reste fluide. La bousculade est attendue pour la fin de l’après-midi. « C’est 750 000 voyageurs qui vont prendre le train ce week-end. Pour nous c’est une bonne nouvelle, les Français vont pouvoir reprendre un peu d’oxygène », s’est réjoui le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, le 16 décembre sur Europe 1. « En effet, ça me manquait », confirme Nicolas. Étudiant en science du climat à l’Université Paris-Saclay (Essonne), il n’était pas retourné à Genève depuis février. Il y retrouvera sa mère et sa sœur pour fêter Noël.

Ambiance bizarre

Malgré la crise sanitaire, la fréquentation attendue par la SNCF pour le début des vacances de Noël est à peine moins importante que l’an dernier (850 000). « On s’en fout du COVID ! » s’exclame d’ailleurs Mimi, 77 ans, avec un accent serbe à couper au couteau. « J’ai hâte de retrouver l’air de la montagne, ma fille, mon gendre et mes deux petites-filles. » La dame qui l’accompagne la tire par la manche de son manteau. « Ils ont ouvert le portique d’embarquement, il faut y aller ! » Toutes deux prennent aussi le train pour Genève, voie D.

Hugo se fera dépister en arrivant à Marseille. Il fêtera le réveillon avec ses grands-parents et ne veut pas les contaminer.

Mais tout le monde n’est pas aussi rassuré. Elisa, assistante d’un agent artistique, va rejoindre sa famille à Marseille. « Je vais faire attention parce que je vais voir ma grand-mère », explique-t-elle. « Le voyage m’inquiète, confie pour sa part Charly, qui se déplace avec sa femme et ses deux enfants. Cela fait dix ans que je n’étais pas revenu à Paris et toute cette ambiance est bizarre. On sent que les gens sont distants. » Infirmier en Guadeloupe où il n’y a pas eu de deuxième confinement, il compte rester vigilant : « À table on ne sera pas plus de six. » Hugo, qui mange son sandwich devant la voie A, va quant à lui se faire dépister en arrivant à Marseille. « Je ne vais pas sortir avant Noël parce que mes grands-parents seront présents lors du repas du réveillon. Je ferai la fête après avec mes amis. »

Un agent d’accueil, casquette de la SNCF vissée sur la tête, s’affaire à orienter les passagers en partance vers la cité phocéenne. « On attend le grand rush à partir de 16 h. » Pour l’instant tout se déroule dans le calme, même s’il regrette qu’il n’y ait pas plus de personnel pour gérer l’affluence.

Charles Henry (texte)

Sabrina Dolidze (photos)