Coulisses du Médialibre dernier jour : une belle semaine de découverte et de complicité

Dans l’agitation des derniers reportages et le stress du bouclage final, les stagiaires de l’Emi se réjouissent d’avoir été confrontés à la réalité de leur futur métier.

Découverte : c’est le mot que journalistes, photojournalistes et secrétaires de rédaction utilisent le plus souvent, pour exprimer ce que cette semaine leur a apporté. Découverte de la vie quotidienne d’une rédaction, mais aussi des métiers des autres. Pour Philippe, chef d’édition adjoint, « cette expérience a été très importante pour appréhender la cohésion du groupe. On a découvert le rôle de chacun, surtout celui des photographes, avec qui nous n’avions encore jamais travaillé. » Sa collaboration avec Chrystelle, cheffe d’édition, l’a réjoui : « Fonctionner en binôme, c’est toujours mieux. On a des questionnements différents, ça nous rend plus efficaces. On s’est bien entendus, même si mon objectif reste de lui piquer sa place. »

Adélaïde et Lauriane (journalistes) avec Jeff (photographe) cherchent des angles autour du sujet, « Environnement » : ferme urbaine, bois de Vincennes…

L’apprentissage de la collaboration est aussi ce que retient Sabrina, photojournaliste : « Je n’avais pas été confrontée à cette façon de travailler auparavant et pourtant, cette articulation entre les fonctions distinctes d’une rédaction permet de découvrir d’autres possibilités. La mise en situation nous donne une visibilité sur ce qu’on ne voit jamais, l’environnement de la rédaction, comment l’équipe choisit les photos, comment ça fonctionne dans la réalité. C’est aussi très différent de notre formation, plus centrée sur la photographie documentaire. Là, on a découvert ce que c’est que publier quotidiennement dans un média de flux. » Pour Sabrina, qui exerçait auparavant des responsabilités dans le milieu associatif médico-social, cette semaine lui a permis d’envisager différemment son futur métier, « dans une étroite collaboration avec les journalistes ».

De fait, leur expérience à la rédaction d’Est-Actu a confirmé le projet professionnel de nombreux stagiaires. Anciennement cheffe de projet dans le secteur de la muséographie, Adélaïde, les yeux pétillants, est « séduite par la richesse du métier de journaliste. Un jour je suis avec le chef forestier du bois de Vincennes, le lendemain avec une directrice de théâtre… j’entre partout ! C’est vraiment ça que je veux faire. » Elle n’a plus aucun doute sur son changement de cap professionnel. C’est aussi le ressenti de Carine, qui a entrepris cette formation en parallèle de sa carrière de dramaturge. « Cette semaine m’a amenée à prendre conscience de la responsabilité que l’on porte en tant que SR. C’est très différent de mon métier d’origine et j’aime oublier ça. L’écrivain est responsable de son propre travail, mais le SR garantit la qualité de celui des autres. C’est un autre défi, et je ne suis pas nostalgique de l’écriture. »

Géraldine (SR) et Maxime (photographe) préparent leur sujet : le Covid dans les églises à l’occasion des célébrations de Noël.

La semaine de mise en condition a levé l’appréhension des stagiaires et leur a apporté de l’aisance dans les tâches qui leur seront confiées. Elle a aussi permis de se projeter avec davantage de lucidité. Pour Lucile, « faire des exercices est indispensable, mais mettre en pratique nos compétences dans les conditions d’une vraie rédaction nous prépare vraiment à notre futur quotidien. Je n’ai aucune frustration de rédactrice, et je me sens maintenant tout à fait à l’aise. » Géraldine approuve : « les SR font tourner la boutique. Une rédaction, c’est un va-et-vient permanent entre journalistes et photographes. Au milieu de cette agitation, les SR forment le noyau central du dispositif, ils valorisent le travail des autres. Grâce au Médialibre, j’ai pu constater que j’adore faire ça. »

Chrystelle prépare l’ultime planning pour assurer la bonne organisation de cette dernière journée. « Tout s’est passé avec une fluidité déconcertante, je ne m’attendais pas à autant de facilité. Je pense que cela tient au fait que chacun sait ce qu’il a à faire, tout le monde a joué le jeu, ce qui a permis une bonne entente générale au sein de la rédaction. » Chrystelle s’interrompt soudain et regarde au loin, pensive. « D’ailleurs… nous avons peut-être tous été un peu trop sages. » Elle sourit malicieusement. « Ce qui nous a manqué pour être dans les conditions d’une vraie rédaction, c’est sans doute une bonne engueulade. »

Chloé Money (texte)

Karine Péron, Arthur Mercier (photos)