Coulisses du Médialibre jour 4 : les secrétaires de rédaction, ces artisans de la perfection

Dans le métier, on les appelle par les initiales de leur profession : SR. Comprendre, secrétaires de rédaction. Dans l’ombre des rédacteurs et des photographes, ces disciples de la rigueur constituent un élément indispensable dans la chaîne de production du média.

Brandissant la cafetière dont elle ne se sépare jamais, voici justement Carine, prête à s’atteler à la tâche. « On est au service des textes et des photos. Le mot d’ordre, c’est la rigueur. Le premier texte que j’ai eu à corriger, c’était le reportage de Lauriane sur la manifestation des restaurateurs. Je me suis posé mille questions, sur les majuscules, la ponctuation, la typographie des siècles et des acronymes… Il y a des choses que je sais mais je ne suis soulagée que lorsque j’ai vérifié ce que je pense savoir. Éditer des photos m’a fait découvrir l’importance des légendes, elles doivent apporter quelque chose, pas seulement commenter ».

« Des gens de confiance »

Les photographes et les rédacteurs ont-ils conscience du soin apporté par les SR à leur production ? Pas toujours. « Je n’ai que des contacts très brefs avec eux, je ne saisis pas vraiment ce qu’ils font », avoue Maxime, en plein réglage de son appareil photo. Jeff appuie : « C’est vrai qu’on a une vision plutôt floue de leur rôle. Mais on sait qu’ils nous sont complémentaires. » Pour Matthieu et Canela, les SR sont « des gens de confiance sur qui on peut se reposer. Notre travail bénéficie de leurs compétences, ça permet d’aller plus loin par rapport à ce qu’on ferait si on était seuls », précise Canela.

Le rôle du SR ne s’arrête pas à traquer les petites fautes. La palette de ses compétences est large. Rédaction, recherche iconographique, mise en page, veille média font aussi partie de ses missions quotidiennes.

Être au service des rédacteurs et des photographes est la mission sacrée du SR qui s’y voue corps et âme dans une abnégation sans faille. « Le but de notre métier, explique Camille, c’est de faire en sorte que tous soient satisfaits du résultat final. Il faut se mettre à la place du rédacteur, corriger ses fautes en respectant son style, reprendre sans déformer, apporter des précisions lorsqu’il en manque, et veiller à produire un article clair et lisible pour le lectorat. C’est un ouvrage de dentellière : il faut reprendre, dénouer les nœuds, raccommoder, sans que rien ne puisse se voir ».

En quête d’exactitude et de perfection

Christelle, cheffe d’édition pour cette semaine du Médialibre, revient à son rôle de SR dès qu’un instant le lui permet. La voici happée par le Petit Robert, le dictionnaire de référence du SR.

Premier lecteur des articles, le SR ne connaît le repos que lorsque toutes les informations sont vérifiées et toutes les fautes, corrigées. Pour mener à bien sa quête d’exactitude et de perfection, le SR peut compter sur ses condisciples : « On s’aide les uns les autres sur le choix des photos, sur les points d’orthographe et de grammaire difficiles, sur les problèmes de syntaxe, le choix des titres et intertitres », explique Lucile, très fière d’avoir édité et publié le premier article d’Est-Actu  « Tests PCR : les laboratoires trop lents seront moins bien remboursés ». Toujours près de ses fidèles compagnons, le dictionnaire et le code typographique, le SR est l’éternel garant de l’impeccabilité. « Nous sommes les premiers arrivés et les derniers à partir, ajoute Carine, comme une équipe technique sur les plateaux de cinéma ». Une équipe de l’ombre, donc, entièrement vouée à mettre le travail des autres en lumière.

 

Chloë Money (texte)

Karine Péron (photo)