Bourse aux vélos à la Cyclofficine du 20e

À Noël, cette année, il y aura des bicyclettes au pied du sapin. La Cyclofficine Paris Est organisait ce mercredi une braderie vélos pour les enfants. Elle proposait aussi quelques conseils mécaniques.

 Une belle rangée de biclous multicolores se dresse contre la devanture de la Cyclofficine, un atelier-vélo associatif situé rue de Noisy-le-Sec dans le 20e arrondissement de Paris. L’événement d’aujourd’hui c’est une grande braderie de vélos pour enfants : draisienne bleu ciel, tricycle rouge à canne, bicyclettes avec ou sans petites roues. Un large choix de petites reines s’offre aux yeux des passants.

Fondée il y a dix ans, cette association qui compte aujourd’hui près de 8000 adhérents a pour but de « remettre sur roues » des vélos et apprendre aux gens à les réparer eux-mêmes. « Les braderies de Noël ont toujours du succès car les vélos pour enfants sont chers », précise Dominique, salariée de la structure.

Dès le début de la vente à 16h, Louise, assistante sociale à l’Armée du salut, accompagne trois femmes et leurs enfants, résidant dans un centre d’hébergement d’urgence tout proche, faire leurs emplettes de Noël. Malika, coiffée d’un foulard bleu, est l’une d’entre elles. Elle contemple sa fille Inès, sept ans, faire des tours sur son futur vélo, le sourire jusqu’aux oreilles. « C’est formidable de pouvoir lui offrir ce cadeau pour Noël », nous confie cette mère de famille. De son côté, Mme Ouedraogo énonce clairement ses priorités : « Tout ce que je veux c’est que mes enfants soient contents ». L’achat d’une bicyclette est une première pour elle. « Ces vélos viennent de la déchetterie, de particuliers ou de bailleurs sociaux », nous explique Dominique. Elle nous assure que ces vélos vendus à prix libre sont tous vérifiés. « C’est un gros travail en amont de la part de nos bénévoles », poursuit-elle.

Ateliers de réparation

L’association veut aussi enseigner au public comment éviter le gaspillage et ne plus dépendre de services payants. Toutes les semaines, des ateliers de réparation sont donc organisés pour tous, dès l’âge de quatre ans. « Réparer une chambre à air coûte entre 15 et 20 €, autant savoir le faire soi-même, sourit Dominique, employée de la Cyclofficine, les gamins ont pris le pli, ils viennent régulièrement réparer leurs chambres à air. »

Dans son sweat chamarré, Corrado, également salarié de l’association, nous explique qu’il vient d’animer un atelier avec des adolescents, encadrés par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). « Ils viennent s’investir dans un truc constructif. Réparer un vélo ça remet le cerveau sur des rails », observe-t-il. Pour lui, la mécanique permet d’apprendre la patience et la réflexion, pour toujours trouver une solution.

Accompagné de son père, le petit Ulysse observe avec envie Olivier, l’un des bénévoles, penché sur le cas d’un biclou gris. « Les batteries de vélo ça m’intéresse pour comprendre l’électricité ! », lui lance-t-il, du haut de ses 7 ans.

 

Lauriane Roger-Li (texte)

Marjolaine Bariou (photos)