Belleville : pas de relâche pour le théâtre Le Local

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Pour Gabriel Debray, directeur du théâtre bellevillois, l’optimisme est de rigueur. Aujourd’hui, le théâtre arrive à sortir son épingle du jeu, mais qu’en sera-t-il dans trois mois ? L’étau se resserre.

« On reste en mouvement, on reste debout avec dignité et humilité. » Gabriel Debray, coordinateur artistique et pédagogique du théâtre Le Local à Belleville (18 rue de l’Orillon, Paris 11e), est un coriace. Dans son établissement, fermé de manière intermittente depuis le mois de mars 2020, il tente de s’en sortir en attendant des jours meilleurs.

« faire, défaire, refaire, sans savoir si ça va se faire »

Portrait d'un homme assis devant son ordinateur, tout sourire
Gabriel Debray, coordinateur artistique et pédagogique du théâtre associatif bellevillois

Depuis le début de la pandémie, sa collaboratrice Marion Pieuchard, médiatrice socioculturelle, et lui passent leur temps à « faire, défaire, refaire, sans savoir si ça va se faire », tout en essayant de se projeter vers de nouvelles activités. Multi-casquettes et à la tête d’une petite salle, ils ont une capacité de rebond beaucoup plus rapide que n’ont pas les plus grandes structures. Quelques projets peuvent encore se réaliser, à condition de se tenir en extérieur. Ainsi, Gabriel Debray intervient deux fois par semaine auprès d’élèves de CE2 dans l’école voisine. Fort de cet ancrage dans ce quartier populaire, le Local bénéficie encore de faibles revenus qui lui maintiennent la tête hors de l’eau malgré l’annulation des représentations, des cours de théâtre et de danse proposés habituellement.

« Pendant le premier confinement, la Villette Paris a financé l’ensemble des actions culturelles, même si celles-ci ont été interrompues. », confie le directeur de la salle. Un coup de pouce bienvenu. Par ailleurs, le théâtre ne paie pas de loyer : l’État met à disposition les locaux pour soutenir la vie culturelle du quartier. Toutefois, sa santé financière se dégrade inexorablement. Gabriel Debray choisi de retarder le paiement de ses propres cachets d’intermittent du spectacle pour soulager la trésorerie du théâtre. Si la situation ne s’améliore pas d’ici au mois de mars 2021, la survie du Local est compromise.

Pauline L (texte)
Maxime Gruss (photo)