Le bois de Vincennes : planter pour mieux préserver

La fin de l’automne est le moment de l’année pour débuter les plantations, qui vont se poursuivre tout l’hiver. Dans le bois de Vincennes avec ses 995 hectares dont la moitié est boisée, ce ne sont pas moins de 3 000 plants de chênes, tilleuls, alisiers et merisiers qui participent à la régénération du plus grand espace vert de Paris.

Pour Michel Neff, chef forestier du bois de Vincennes, le maintien des espèces natives d’Île-de-France est primordial : « ­La tempête de 1999 a décimé un tiers des arbres du bois. Mais, l’année suivante, des centaines de milliers de semis d’espèces exotiques envahissantes ont poussé un peu partout.­ » Tous les ans, une parcelle est minutieusement choisie et dégagée des ses érables, robiniers et autres colinisateurs. Des espèces natives y sont alors replantées, notamment le chêne, qui a aussi l’avantage de bien résister aux sécheresses de plus en plus fréquentes.

« ­C’est tout un écosystème­ »

Mais pour celui qui se définit comme un forestier urbain, la forêt n’est pas qu’une simple plantation d’arbres, « C’est tout un écosystème. » Et pour assurer son entretien, la mairie de Paris emploie plus de 200 personnes : jardiniers, bûcherons, élagueurs, ouvriers forestiers et cantonniers. Dans cette zone refuge, autant pour la faune que pour les hommes, leur principal enjeu est d’« ­imiter la nature ».

Sensation d’apaisement près du périphérique

Bien que situé à proximité du périphérique, une sensation d’apaisement se dégage du bois. Une douce lumière d’automne vient balayer le feuillage roux des jeunes chênes et la mare bordée de plantes aquatiques, survolée par des rouges-gorges. À quelques mètres, des chiens courent après des bâtons humides et taquinent les grenouilles. Sur le chemin détrempé, les chevaux des cavaliers décollent à grands coups de sabot la boue encore fraîche. Un peu plus loin, des dizaines de cyclistes tournent sur l’anneau de vitesse du polygone.

Le bois de Vincennes fait cohabiter vieux arbres, infrastructures sportives et mobilier urbain organisant le paysage.
Les allées du bois de Vincennes sont privilégiées par les cyclistes en balade pour circuler au milieu des arbres pendant que les cyclistes de vitesse eux, roulent en bordure de bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Parfois les gens me demandent si on peut croiser des sangliers, des cerfs ou des chevreuils ici. C’est tout à fait illusoire mais j’aime que nous contribuions à cultiver cet imaginaire », s’amuse Michel, 30 ans de carrière et un regard plein de tendresse sur ce qu’il reste des forêts qui couvraient autrefois toute l’Île-de-France.

Adélaïde de Valence (texte)

Arthur Mercier (photos)